Le danger est de trop écouter l’analyste, pas assez l’artiste

Devant ce monde que nous avons de plus en plus de mal à saisir, à comprendre, à accepter parfois, les analyses critiques ne manquent pas. Du débat politique, au traitement journalistique de l’information jusqu’à nos conversations de comptoir, la dénonciation des maux de notre époque semble la réponse la plus courante au manque de finalité forte et visible de nos projets individuels comme collectifs.

L’invitation à être acteurs ponctue plusieurs articles de ce blog car c’est le seul point de départ à notre portée.

Cet appel à être des bâtisseurs affirmatifs est exprimée de manière très pertinente par Robert K. Greenleaf, fondateur dans les années 1970 aux États-Unis du mouvement du leader-serviteur, une approche éthique du leadership critique de l’approche autoritaire alors fortement répandue, dans son livre Servant leadership (cité dans le livre d’Isaac Getz, Liberté & Cie, voir article sur le sujet) :

« Tant de gens, après avoir pris fermement position contre l’injustice et l’hypocrisie, ont du mal à se transformer en bâtisseurs affirmatifs d’une société meilleure. Combien chercheront leur accomplissement personnel en faisant des choix difficiles et en entreprenant la préparation rigoureuse qu’exige la construction d’une société meilleure ? […] La critique a sa place, mais en tant que préoccupation générale, elle est stérile.

Si de trop nombreux bâtisseurs potentiels sont entièrement absorbés par l’autopsie de ce qui ne va pas et recherchent fébrilement la perfection immédiate, le mouvement que nous sommes si nombreux à souhaiter sera retardé.

Le danger, peut-être, est de trop écouter l’analyste et pas assez l’artiste. »

Puisse la dénonciation s’enrichir de l’analyse et de la réflexion pour nous mener droit à l’action que nous pouvons entreprendre, à notre juste mesure.

Et ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile car, comme le soulignait Nelson Mandela dans un discours mémorable en assumant la Présidence de l’Afrique du Sud en 1994, être acteur passe par l’acceptation de notre propre lumière :

« C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus. Nous nous demandons : qui suis-je pour être brillant, formidable, plein de talents, fantastique ?
En réalité, pourquoi ne pourrions-nous pas l’être ? Nous sommes enfants de Dieu. Nous déprécier ne sert pas le monde. Ce n’est pas une attitude éclairée de se faire plus petit qu’on est pour que les autres ne se sentent pas inquiets.

Nous sommes tous conçus pour briller, comme les enfants. Nous sommes nés pour manifester la Gloire de Dieu qui est en nous. Cette gloire n’est pas dans quelques-uns.
Elle est en nous tous. Et si nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission que leur lumière brille.
Si nous sommes libérés de notre propre peur, notre seule présence libère automatiquement les autres de leur peur. »

Ne restons donc pas seuls, faisons place à l’artiste et à notre part de lumière pour bâtir ensemble le changement que nous voulons être !

A propos Nicolas Cordier

Social business intrapreneur, corporate changemaker, dreamer and doer, blogger on liberated compagnies, open innovation & how to be an actor in a changing world
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2 commentaires pour Le danger est de trop écouter l’analyste, pas assez l’artiste

  1. Hugues de Quercize dit :

    J’aime beaucoup l’idée d’être des batisseurs affirmatifs. D’abord parce que être bâtisseur est une belle vocation que nous avons tous et ensuite parce que affirmatif fait écho à l’invitation de Nelson Mandela à briller. Finalement notre éducation judo-chrestienne nous a toujours fait croire que briller était un acte égoiste et orgueilleux… c’est tout le contraire! Merci beaucoup pour cette découverte!

  2. Ping : La présomption de confiance comme base du management, rencontre avec Laurence Vanhée et Frédéric Lippi | Nicolas Cordier

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