Sous différentes perspectives et des exemples variés, nous avons illustré combien l’innovation sociale pouvait s’avérer un puissant levier de transformation pour les entreprises. Les activités Social Business constituent même de véritables laboratoires d’innovation pour réinventer leurs métiers de demain. Par ailleurs, on constate aujourd’hui que la plupart des solutions sociales innovantes dépassent les frontières traditionnelles entre les différents acteurs : État, entreprises privées et organisations sans but lucratif. La co-création entre acteurs historiquement cloisonnés c’est-à-dire l’hybridation du social et du business pour mieux servir les populations en difficulté est présentée comme inéluctable dans un rapport Ashoka-Accenture sur ce nouveau type d’alliances.
Dans un monde complexe qui bouge de plus en plus vite, les entreprises ne sont pas les seules organisations devant se réinventer. Dans un contexte de baisse des subventions publiques, c’est en particulier le cas des acteurs associatifs. L’exemple de l’association Réseau Eco Habitat est révélateur de nouvelles manières de construire des solutions efficaces pour lutter contre la pauvreté, dans le domaine de la rénovation énergétique.
L’association Réseau Eco Habitat démarre en août 2014 à l’initiative d’un « utopiste pragmatique », un « passionné patient », Franck Billeau. J’ai eu la chance de faire sa connaissance par l’intermédiaire d’amis communs, entrepreneurs du changement tout comme lui, Michel Pernot du Breuil de SENS (Solidarités Entreprises Nord Sud) et François Marty du groupe d’insertion calaisien Le Chênelet.
Après une quinzaine d’années comme délégué départemental puis inter-régional du Secours Catholique en Picardie où il côtoyait de nombreuses familles en précarité, Franck décide de quitter la structure de Caritas France pour lancer une start-up sociale sur la base d’un triple constat :
- De nombreux ménages vivent en situation de vulnérabilité énergétique. Ils reçoivent à ce titre chaque année diverses aides pour payer une partie de leur facture énergétique, notamment avec le dispositif « chèque énergie » (qui remplace les tarifs sociaux de l’énergie, plafonné à 250€);
- Des mécanismes de financement sont disponibles pour la rénovation énergétique mais peu utilisés car complexes à activer de manière coordonnée;
- Des entreprises du bâtiment sont en recherche d’activités et de chantiers à réaliser.
Réseau Eco Habitat veut agir comme un « assemblier solidaire » visant à articuler les actions de ces trois types d’acteurs pour construire une solution plus durable basée sur des écomatériaux qui améliore les conditions de logement et le confort de ces propriétaires occupants et fasse baisser leur facture d’énergie.
« Nous accompagnons des familles en difficulté à isoler leur logement pour leur permettre in fine de faire des économies. On préfère qu’elles puissent payer leurs fournisseurs d’énergie plutôt que d’être obligées de réduire leur consommation en baissant le chauffage et de devoir demander des aides pour ne pas être privées de cette ressource élémentaire pour leur confort. C’est plus durable, digne et économique… » indique Franck Billeau.
L’association déploie un dispositif d’accompagnement du projet de rénovation en préconisant des solutions techniques et financières au travers d’un réseau de bénévoles de Caritas France (Secours Catholique) qui créent des relations de confiance avec les habitants. Elle permet de créer des solidarités de proximité avec les acteurs de l’amélioration de l’habitat et promeut un réseau d’entreprises artisanales, sensibilisées aux écomatériaux.
Dans cette vidéo (2’46’’), Franck Billeau illustre les situations concrètes auxquelles Réseau Eco Habitat est confronté et les solutions durables que le réseau cherche à mettre en œuvre en mettant en lien l’ensemble des acteurs pour rendre efficace le projet d’amélioration de l’habitat de ces ménages en grande précarité.
Les mécanismes de financement des chantiers de rénovation énergétique varient en fonction des zones géographiques et de chaque situation. Généralement, l’ANAH et son programme Habiter Mieux finance à hauteur de 60% les travaux, complété selon les cas par la Région, le Département, les Communes et diverses fondations afin que le reste à charge puisse être assumé par l’habitant. Leur activation et coordination restent néanmoins complexes et dans tous les cas inaccessibles pour les habitants en ayant le plus besoin.
L’exemple de la rénovation effectuée dans la maison de Ginette offre un exemple concret :
Précarité énergétique : un fléau qui touche 20% des ménages français !
La précarité énergétique est un phénomène complexe dont les déterminants sont variés : l’approche par les difficultés budgétaires doit être complétée par celle du ressenti des ménages pour caractériser l’inconfort thermique. La définition légale de la loi Grenelle 2 précise : « est en situation de précarité énergétique une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat »
La règle du Taux d’Effort Energétique (TEE) qui considère en situation de précarité les ménages dont l’énergie représente plus de 10 % de dépenses est simple et permet de montrer l’ampleur des problèmes à résoudre. Elle n’est cependant pas suffisamment fine pour mettre en lumière toutes les situations et les politiques correspondantes à mettre en
œuvre. En lien avec l’ADEME, l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) créé en 2011 cherche à rendre compte de la variété des situations et de suivi des mesures. Il est présidé par Jérôme Vignon, par ailleurs président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES). Les chiffres-clés sont publiés dans cette étude de novembre 2016.
L’Enquête logement réalisée par l’INSEE en 2013 laisse apparaître une problématique massive de ménages concerné par au moins un indicateur d’inconfort thermique et de difficultés financières : 5,8 millions de ménages souffrent de précarité énergétique, ce qui représente 1 foyer sur 5, soit 12 millions de personnes. La précarité énergétique est par ailleurs concernée par l’effet « double peine » bien étudié par la Chaire Entreprise & Pauvreté d’HEC (> voir ici) : les 20 % de ménages les plus pauvres consacrent à l’énergie une part de budget 2,5 fois plus élevée que les 20 % les plus riches selon l’ADEME.
Bascule progressive dans la précarité et l’isolement : la situation de Denis
Au-delà des chiffres, l’histoire de Denis Rocquencourt nous plonge dans celle de beaucoup d’autres foyers dépensant trop pour se chauffer ou ayant froid faute de pouvoir le faire. Plombier chauffagiste à son compte, Denis a acheté un pavillon dans un lotissement paisible de Coudun, près de Compiègne dans les années 70, à une époque où l’isolation n’était pas systématique et l’énergie ne coûtait pas cher. Victime d’un accident du travail, il a dû arrêter son activité. « J’avais encore les traites de la maison à payer et j’ai dû encaisser un divorce », raconte-t-il. Des épreuves en cascade, une longue dépression, l’isolement progressif, l’homme s’est littéralement renfermé, les volets clos devenant une protection contre le froid mais aussi le monde extérieur. Il vit reclus dans son salon, seule pièce qu’il tente de chauffer un peu l’hiver avec un feu de cheminée. A 65 ans, c’est grâce à l’amitié et au soutien moral de bénévoles du Secours Catholique qu’il entrevoit une perspective nouvelle avec la programmation d’un chantier de rénovation de son logement coordonnée par Réseau Eco Habitat.
Crédits photos : @Steven Wassenaar / Secours Catholique
Depuis que les travaux sont prévus, Denis a replanté quelques pieds de tomates, lui qui entretenait autrefois un grand potager. « Le jour où je pourrai rouvrir mes volets et fenêtres, la lumière entrera. Je respirerai un grand coup et j’aurai la satisfaction de me dire : ça y est, c’est fait, je vais vivre ! »
Retrouvez le témoignage complet de Denis dans cet article publié en novembre 2016 sur le site du Secours Catholique.
Le magazine TSA (Travail Social Actualités) de décembre 2016, propose un reportage très complet sur l’approche de Réseau Eco Habitat. Dans l’article « Un habitat rénové accessible à tous » le parcours de Denis est évoqué ainsi que l’expérience d’Hélène Aussenard, assistante maternelle de Villes-Cotterêt dans l’Aisne, célibataire et mère de trois enfants dont le chantier de rénovation vient de se terminer > à télécharger ici.
« Quand l’énergie vient à manquer », un docu-fiction très pédagogique
Ce court-métrage de fiction d’une vingtaine de minutes met en scène les résultats de recherches sociologiques menées par le département Recherche & Développement d’EDF. De manière très didactique, Béatrice Hammer, sociologue et réalisatrice, montre comment une famille peut progressivement basculer dans la précarité énergétique et les conséquences que cela entraîne.
Les conséquences sanitaires et sociales de la précarité énergétique
Le témoignage de Denis et l’histoire relatée dans « Quand l’énergie vient à manquer » illustrent bien les autres conséquences sociétales derrière la difficulté de payer ses factures. L’expérience de terrain de Franck Billeau le souligne : « Les impayés d’énergie, en constante augmentation, ne sont que la partie émergée de l’iceberg : les visites que nous effectuons au domicile des ménages en difficulté révèlent souvent que les familles se privent pour ne pas avoir des factures trop élevées. Les conséquences de la précarité énergétique sont aussi dévastatrices sur le plan social. La honte de vivre dans un logement « dégradé » génère de l’isolement, du repli sur soi. Une mauvaise image de soi et la perte de confiance peuvent entrainer de l’absentéisme au travail ou à l’école. La détérioration des conditions de santé des membres de la famille est souvent vérifiée. »
Le poids de l’énergie – incluant chauffage, eau chaude et transport – dans les dépenses des ménages n’a cessé de progresser durant ces dix dernières années. Entre 2007 et 2015, le budget moyen des ménages concernant l’énergie du logement a ainsi augmenté de plus de 23 %. Il est donc urgent d’agir de manière durable. Comme l’indique Franck Billeau paraphrasant Confucius invitant à apprendre à pêcher à l’homme qui a faim plus que de lui donner un poisson : « Quand un homme a froid, mieux vaut isoler son logement que de l’aider à le chauffer sans fin. »
La manière d’intervenir de Réseau Eco Habitat en coordonnant l’intégralité de la chaîne reste pionnière même si elle a démontré son efficacité. L’association est d’ailleurs
lauréat 2015 du label La France s’engage (label de la Présidence de la République qui récompense les projets les plus innovants au service de la société) Néanmoins, ne rentrant pas dans les cases habituelles des opérateurs des programmes soutenus par les Collectivités publiques, Réseau Eco Habitat fait le choix d’innover dans les modèles économiques pour déployer son activité. Le plan pilote en Picardie pourrait alors s’étendre au niveau national. 40 chantiers sont prévus en 2017, une centaine en 2018 et 300 chantiers annuels en 2020.
Dans cette recherche de nouveaux business modèles, un des enjeux majeurs sera de trouver des partenariats innovants avec des entreprises privées, qui elles-mêmes souhaitent explorer de nouvelles manières de contribuer à l’essor de solutions nouvelles aux problématiques sociétales dans un modèle économique pérenne. Ces business à impact social mis en place par quelques entreprises privées ouvrent ainsi une voie de collaboration pérenne et créatrice de valeur qui favorise l’émergence de modèles hybrides où les acteurs associatifs de terrain peuvent déployer leurs actions de manière efficace et à grande échelle.
Cela permettra-t-il d’être encore plus ambitieux et plus rapide pour que Réseau Eco Habitat puisse coordonner les solutions pour les 40.000 ménages en grande précarité suivis par Caritas ? On peut l’espérer. L’urgence est là. Les solutions aussi. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas…
Grâce à la publicité, chacun de nous fait gagner aux moteurs de recherches 30€ par an. Cet argent peut servir des causes utiles, comme Réseau Eco Habitat. En utilisant Lilo comme moteur de recherche, vous avez le pouvoir de contribuer au financement de projets sociaux et environnementaux, en choisissant où va l’argent « que vous générez », essayez-le !






Mais quelques unes continuaient…
Et les gens disaient encore : Ce n’est pas la peine, elles n’y arriveront jamais !













expérimentées et les plus jeunes a vu une spécialisation des premières pour les interventions complexes à plus forte valeur ajoutée. L’étude comparative de la productivité de chaque agent de santé a conduit à une normalisation des standards de chaque acte : 10 minutes pour une piqûre, 15 minutes pour une toilette, deux minutes et demie pour un bas de contention,… et au développement d’une nouvelle fonction : les planificateurs d’activité en charge de l’amélioration continue. Pour l’efficacité du système, un code barre est même installé à l’entrée de chaque domicile permettant de scanner les allées et venues des soignant pour enrichir les statistiques visant une médecine plus efficace. Chacun de ces processus est certainement très légitime pour celui qui le met en place. L’efficience du système semble découler de ces mesures permanentes.
créer quelque chose de différent. Jos de Blok lance avec trois autres collègues une initiative en partant d’une vision complètement différente des soins de santé. « Le sens profond de ce que nous faisons n’est pas d’optimiser chaque minute de chaque piqûre ! Il s’agit d’aider les personnes à vivre une vie la plus riche et la plus autonome possible. » Une infirmière chez Buurtzorg commence ainsi par s’asseoir pour prendre un café avec son patient pour échanger avec lui et bien identifier ses besoins, son réseau proche, ses relations familiales et optimiser l’écosystème d’entraide, en privilégiant une coopération avec les autres
acteurs du quartier. La coordination se fait par la mise en place d’équipes de 8 à 12 professionnels de santé dédiés à un quartier donné.
ess, c’est-à-dire la plénitude ou l’unité



Mais, comme l’année passée, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous quelques leçons de vie plus personnelles, apprises cette année au travers d’épreuves dont certaines eurent des échos publics.
Ainsi, les leçons que je tirais de mes expériences en 2014 et que je partageais dans
Or, c’est un fait historique qui se vérifie dans toutes les cultures : ceux qui tentent de transformer la dynamique d’un groupe sont souvent trahis, chassés, voire assassinés, au propre ou au figuré, par les membres du groupe, même si la transformation est finalement réalisée et bonne pour le groupe.
de toute son âme » qu’une chose arrive pour qu’elle arrive réellement.







Bénédicte Faivre-Tavignot, directrice de la 




Le dicton philippin « Walang Iwanan » qui signifie ‘ne laisser personne en retrait’ est le principe de base du mouvement ; c’est un des enjeux majeurs du bien vivre ensemble de nos sociétés. Une autre tradition philippine est l’esprit de partage du bayanihan qui unit et fédère une communauté autour d’un objectif particulier, traditionnellement le déplacement d’une maison vers un nouvel emplacement. Dans cette courte vidéo (0’57’’), nous sommes invités à participer à la vision GK2024 d’éradication de la pauvreté en déplaçant l’ensemble des maisons des bidonvilles pour construire ensemble un avenir plus durable.
Dylan Wilk – Human Nature, la première multinationale sociale 
Freddie Tinga, Global Electric Transportation, la révolution du transport en commun
Fabien Courteille, Plush & Play, les premières peluches made in Philippines
La vision de cette entreprise sociale qui veut promouvoir le droit des enfants à jouer et







Bedos à vouloir comprendre pourquoi une telle régression de leurs droits de par le monde. La pétillante journaliste voulait aussi évaluer l’impact de cette inégalité sur les équilibres économiques et sécuritaires dans le monde. Pendant une année, cette journaliste d’impact est ainsi partie à la rencontre de personnalités de l’ONU, d’experts internationaux et d’observateurs des droits des femmes dans différents pays. En décembre 2014, Frédérique a eu la bonne idée de nous inviter à assister à la projection privée du long métrage « Des femmes et des hommes » qui retrace ces rencontres. Authentique, profond et émouvant, ce film propose une réflexion globale sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde. Loin des discours idéologiques, les réflexions et recherches de chaque intervenant posent un diagnostic lucide, parfois dérangeant, mais qui donne envie d’agir.
Trois institutions de l’ONU ont participé activement à ce documentaire : le 
Phumzile Mlambo-Ngcuka, secrétaire générale adjointe de l’ONU et directrice exécutive d’ONU Femmes, est convaincue que les principaux défis de notre temps : la pauvreté, les inégalités, le changement climatique, la paix et la sécurité, ne pourront être adressés sans l’autonomisation des femmes : « Pour que le monde réduise la pauvreté de manière durable, la vie des mères doit être améliorée, car elles pourraient alors s’occuper de la qualité de vie de leurs propres enfants et donner une vie meilleure à leur progéniture et à la génération suivante. Si on ne fait pas ce travail avec les femmes, elles donneront naissance à la génération suivante de pauvres. Le monde doit parvenir à la pleine égalité afin que l’humanité puisse prospérer. »
Marcela Villarreal, une des directrices de la FAO, indique que « au même niveau d’études et d’expérience, une femme aura un salaire nettement inférieur à celui d’un homme. Ce n’est pas uniquement un problème de pays pauvres : c’est vrai pour le monde entier. Or, les femmes ont tendance à utiliser leurs revenus de façon beaucoup plus significative pour nourrir leur famille. Si le salaire des femmes augmente, nous savons donc qu’une grande part serait utilisée pour la santé de leurs enfants, leur bien être et leur éducation. C’est donc le meilleur investissement dans l’avenir de la société ! »
Nicole Ameline, présidente du CEDAW-ONU, replace le droit des femmes en tant que question de société et de démocratie, et même de paix, « bien au-delà du ré-équilibrage social ; il s’agit d’une démarche de progrès, d’humanité. Il faut donc en faire un sujet universel. Pendant longtemps, dans un monde d’hommes, construits par les hommes pour les hommes, les femmes ont été des objets de droit et pas des sujets de droit. Cette conscience d’être un sujet de droit n’est malheureusement pas encore assez ressentie dans le monde. […] Les femmes doivent accéder à des postes de gouvernance. Le pouvoir est déterminant. A la tête d’une entreprise ou d’un pays, il est essentiel que les femmes soient présentes. Si elles se contentent de postes importants mais non décisionnels, nos démocraties ne pourront pas changer durablement. Le pouvoir doit être aussi féminin. »



cette évidence a de quoi surprendre, pourtant c’est une vérité importante à rappeler dans le management de beaucoup d’entreprises… Ainsi, dans leur vie privée, les salariés, quelque soit leur niveau d’études, leur ancienneté ou les responsabilités qu’ils exercent, se comportent généralement comme des personnes responsables, capables de choix qui les engagent durablement. Certains s’investissent dans le milieu associatif et assument le soir ou le week-end l’animation de plusieurs dizaines de jeunes dans des clubs sportifs ou culturels. Ils sont capables de faire des achats conséquents et d’en trouver le financement associé. D’autres s’engagent sur vingt ans auprès d’une banque pour acheter leur logement. Il y en a même qui font le choix d’élever des enfants, une responsabilité qui court d’ailleurs bien au-delà de leur majorité légale à 18 ans…
un autre monde. Ces adultes capables d’assumer en toute autonomie des responsabilités engageantes et durables se retrouvent réduits à un état infantile voire parfois infantilisant. Contrairement aux Oompas-Loompas dans le même conte de Roald Dahl où les ouvriers sont des modèles réduits venus d’Oompaland, la porte d’entrée magique ne modifie pas l’apparence de ces adultes responsables. Rien ne laisse présager de l’extérieur la régression systématique à laquelle ils sont soumis (ou à laquelle ils se soumettent). Cette soudaine déresponsabilisation des personnes est le fruit de modes de fonctionnement propres à l’organisation et également de comportements établis et perpétués « presque sans y penser » !
n’est pas très pertinent ! » Deuxième surprise et un début de prise de conscience : ne pas prendre mes responsabilités pourrait ainsi signifier une charge de travail inutile non créatrice de valeur ? S’ensuit alors une brève tentative de justification « Oui, mais là, c’est un peu particulier, cela sort de l’ordinaire de mon travail de bureau, ce n’est pas mon cœur de métier ! » Si apporter des ressources créatrices de valeur à des équipes de travail n’est pas le cœur de métier d’un contrôleur de gestion, alors… d’autres questions peuvent se poser ! (ce sont les fameux 4 ou 5 pourquoi de Jean-François Zobrist 





voient des manières de concevoir des meilleurs produits ou d’atteindre de nouveaux marchés, et qui ont les ressources pour le faire », écrivait en 2008 The Economist, en référence aux
d’après la définition du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves). Les 

Âgé de 56 ans et diplômé de Sciences-Po, Emmanuel de Lutzel a rejoint BNP Paribas en 1996. Après sept années dans des activités classiques de la banque, il crée en 2006 le département Microfinance dont la mission est de refinancer des institutions de microfinance, principalement dans les pays en voie de développement. Ce département a prêté plus de 200 millions d’euros à plus de 40 organisations dans une vingtaine de pays, avec un impact social estimé à 1,5 million de micro-entrepreneurs financés. En 2013, Emmanuel de Lutzel renouvelle l’expérience d’intrapreneuriat social en créant une activité « social business » pour développer le financement de l’entrepreneuriat social en Europe.
Les intrapreneurs sociaux doivent développer un esprit « start-up » au sein de leur groupe: ils ont besoin de commencer petit, de prototyper, « d’apprendre en marchant », ainsi que de « constituer une équipe commando pour être hyper mobile, autonome, et pouvoir avancer sans tout le temps lever le doigt pour demander si on a le droit », témoigne François Rouvier, 50 ans, intrapreneur social chez Renault. Diplômé de l’EM Lyon, il a travaillé douze ans chez Michelin, avant de rejoindre Renault en 1999. Pendant 10 ans, il a évolué sur des fonctions commerciales et marketing classiques. En 2011, il a rejoint le département RSE pour lancer le programme Renault Mobiliz, dont le but est d’améliorer l’accès à
Agé de 44 ans et diplômé de l’ESSCA, il a commencé sa carrière en développant une institution pionnière de microfinance au Chili. Il rejoint ensuite en 2001 Leroy Merlin, sur des fonctions classiques, en marketing, magasin et centrale d’achat. Après 10 ans au sein du groupe, il favorise la création de projets de social business permettant la création de partenariats avec des acteurs de terrain, afin de trouver des solutions durables à des personnes en situation de précarité au niveau de leur logement.
Diplômé de l’ESCP Europe, spécialisation finance, Olivier Maurel, 34 ans, a commencé sa carrière en tant que consultant, notamment dans le domaine des nouveaux médias. En 2008, il rejoint danone.communities, en charge de l’innovation sociale et de l’animation de communauté pour développer le mouvement du social business. Depuis 2013, Olivier s’est lancé un nouveau défi en lançant Danone for Entrepreneurs, une structure qui, dans le cadre d’un plan de réorganisation, aide 90 employés de Danone à créer leur entreprise. Il est aujourd’hui directeur de l’Innovation ouverte du groupe Danone.
une approche pragmatique solidement ancrée dans la connaissance de l’entreprise. Sa personnalité de castor lui permet, à partir de son environnement, de construire de nouveaux modèles et d’aménager de nouveaux circuits de création de valeur sociale pour l’écosystème qui l’entoure. »
entreprise picarde de métallurgie a libéré les énergies et l’innovation pour faire de FAVI un leader mondial dans le secteur hautement concurrentiel des sous-traitants de l’industrie automobile. Il définit le management d’une manière qui conviendrait bien à Claude Onesta : « Le management, ce n’est pas faire, c’est une sorte de laisser-faire, pour faire en sorte que les choses se fassent d’elles-mêmes«

A propos du manque d’engagement des salariés, 
La victoire reposerait donc sur une bonne gestion des leaders ? Non, les créateurs de lien sont essentiels !