Yalla ! Va de l’avant… et quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le !

« La vraie aventure de vie, le défi clair et haut n’est pas de fuir l’engagement mais de l’oser » (Christiane Singer)

Ces visages, ces regards, ces paroles sont une simple invitation à prendre l’élan du recul pour mieux s’engager à construire le changement que nous voulons être… L’écrivain et savant allemand Johann Wolfgang von Goethe décrivait déjà au début du XIXe siècle tout ce qui se met en place à partir du moment où l’on s’engage :

« En ce qui concerne tous les actes d’initiative, il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance a déjà détruit d’innombrables idées et de superbes projets : au moment où l’on s’engage pleinement, la providence s’engage aussi.

Toutes sortes de choses concourent à l’aider qui autrement ne se seraient jamais produites; tout un flot d’événements jaillit de la décision, suscitant en sa faveur toutes sortes d’incidents, de rencontres et d’aides matérielles imprévues, dont personne n’aurait pu penser ou rêver qu’elles lui arrivent.

Quoi que vous fassiez ou rêvez de faire, faites-le. L’audace a du génie, du pouvoir et de la magie. Commencez dès maintenant ! »

> Voir aussi le diaporama Un autre monde est possible

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Le danger est de trop écouter l’analyste, pas assez l’artiste

Devant ce monde que nous avons de plus en plus de mal à saisir, à comprendre, à accepter parfois, les analyses critiques ne manquent pas. Du débat politique, au traitement journalistique de l’information jusqu’à nos conversations de comptoir, la dénonciation des maux de notre époque semble la réponse la plus courante au manque de finalité forte et visible de nos projets individuels comme collectifs.

L’invitation à être acteurs ponctue plusieurs articles de ce blog car c’est le seul point de départ à notre portée.

Cet appel à être des bâtisseurs affirmatifs est exprimée de manière très pertinente par Robert K. Greenleaf, fondateur dans les années 1970 aux États-Unis du mouvement du leader-serviteur, une approche éthique du leadership critique de l’approche autoritaire alors fortement répandue, dans son livre Servant leadership (cité dans le livre d’Isaac Getz, Liberté & Cie, voir article sur le sujet) :

« Tant de gens, après avoir pris fermement position contre l’injustice et l’hypocrisie, ont du mal à se transformer en bâtisseurs affirmatifs d’une société meilleure. Combien chercheront leur accomplissement personnel en faisant des choix difficiles et en entreprenant la préparation rigoureuse qu’exige la construction d’une société meilleure ? […] La critique a sa place, mais en tant que préoccupation générale, elle est stérile.

Si de trop nombreux bâtisseurs potentiels sont entièrement absorbés par l’autopsie de ce qui ne va pas et recherchent fébrilement la perfection immédiate, le mouvement que nous sommes si nombreux à souhaiter sera retardé.

Le danger, peut-être, est de trop écouter l’analyste et pas assez l’artiste. »

Puisse la dénonciation s’enrichir de l’analyse et de la réflexion pour nous mener droit à l’action que nous pouvons entreprendre, à notre juste mesure.

Et ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile car, comme le soulignait Nelson Mandela dans un discours mémorable en assumant la Présidence de l’Afrique du Sud en 1994, être acteur passe par l’acceptation de notre propre lumière :

« C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus. Nous nous demandons : qui suis-je pour être brillant, formidable, plein de talents, fantastique ?
En réalité, pourquoi ne pourrions-nous pas l’être ? Nous sommes enfants de Dieu. Nous déprécier ne sert pas le monde. Ce n’est pas une attitude éclairée de se faire plus petit qu’on est pour que les autres ne se sentent pas inquiets.

Nous sommes tous conçus pour briller, comme les enfants. Nous sommes nés pour manifester la Gloire de Dieu qui est en nous. Cette gloire n’est pas dans quelques-uns.
Elle est en nous tous. Et si nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission que leur lumière brille.
Si nous sommes libérés de notre propre peur, notre seule présence libère automatiquement les autres de leur peur. »

Ne restons donc pas seuls, faisons place à l’artiste et à notre part de lumière pour bâtir ensemble le changement que nous voulons être !

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L’entreprise compatible avec le social business ?

L’entreprise compatible avec le social business ? Question au combien légitime dès lors que l’on prétend que les grandes problématiques de ce monde, pauvreté, éducation, pollution ou maladie pourraient être éradiquées par des entreprises privées – souvent cataloguées dans la catégorie des méchants en quête exclusive de profit – et non plus par les pouvoirs publics, des ONG ou des acteurs exclusivement focalisés sur le social.

C’est tout le combat de Muhammad Yunus (voir l’article Pour une économie plus humaine), premier promoteur du social business et qui crée une entreprise nouvelle à chaque nouveau problème auquel il s’attaque. Cet homme qui vise à remiser la pauvreté dans un musée reste un pragmatique quant aux solutions à mettre en œuvre avec une confiance indéfectible en la créativité dont l’Homme est capable. Des joint-ventures de nature nouvelle, associant grandes entreprises et acteurs sociaux, voient le jour et s’attaquent à la résolution de problématique précise, dans une logique « no loss, no dividend », c’est-à-dire que pour être durables, ces entreprises se doivent d’être rentables, elles génèrent des profits, mais leur finalité étant sociale (résoudre un problème), elle ne redistribuent pas de dividendes aux actionnaires.

Alors, « pays des bisounours », social washing d’entreprises se rachetant une bonne conscience, nouveau camouflage des Chicago boys héritiers du néo-libéral Friedman ? Les sceptiques sont nombreux. Tiraillé entre utopie et réalisme, nous pouvons tous garder un certain scepticisme… Il nous est d’ailleurs parfois plus confortable de nous préserver derrière une vision manichéenne où les entreprises ne peuvent qu’être centrées sur la maximisation de leurs profits au détriment de leur environnement et qu’à l’opposé certains acteurs désintéressés se chargent de réparer les dégâts comme ils peuvent… C’est ce dont témoigne Emmanuel Faber, DG de Danone, dans ce court extrait vidéo publié dans un article précédent.

« Dénoncer, c’est bien. Analyser, c’est mieux. La minute de vérité c’est, et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?«  (M Bellet) Cette invitation à nous rendre acteur est  également illustrée par la définition du mot résister d’Ignacio Ramonet, fondateur d’ATTAC et promoteur du Forum social mondial : « Résister, c’est rêver qu’un autre monde est possible. Et contribuer à le bâtir. » N’oublions pas la deuxième partie de la phrase !

Les différentes illustrations de ce blog cherchent à nourrir les manières de construire un nouvel art de vivre ensemble, d’en être chacun acteur, avec le regard porté sur ce que nous souhaitons devenir. Let’s be both, dreamers and doers !

L’entreprise compatible avec le social business, c’était justement l’objet de cet article dans les pages Économie de Libération en février 2010, que je reprends ici en intégralité :

Écrit par Bénédicte Faivre-Tavignot et Frédéric Dalsace, respectivement directeur exécutif et professeur de la chaire Social Business Entreprise et Pauvreté d’HEC lancé en mars 2008.

L’entreprise compatible avec le social business ?

La question n’est pas nouvelle : les citoyens peuvent-ils faire confiance aux entreprises ? Face aux récents engagements sociétaux pris par certaines d’entre elles, son actualité est pourtant brûlante. Citons le cas du Libé des solutions (24 décembre 2009). Reporters d’espoirs y révélait l’existence d’un action tank créé autour de Martin Hirsch par la chaire Social Business Entreprise et Pauvreté de HEC, pour favoriser le lancement d’expérimentations visant à réduire la pauvreté en France par des grandes entreprises françaises. Aucune précision n’était apportée sur le nom des entreprises, la nature des projets ou l’état d’avancement. La réaction des internautes fut immédiate, celle de MNO51 semble représentative : «C’est juste pour marquer sur leurs emballages leurs bonnes œuvres et ainsi se faire un coup de marketing.» Cette réaction semble caractéristique d’une situation de «double injonction» à laquelle sont confrontées les entreprises. Qu’elles restent fidèles à la formule de Milton Friedman : «The business of Business is Business», et elles sont accusées d’autisme face aux attentes de la société. Qu’elles développent des projets de social business à rentabilité nulle, et elles sont accusées de «social washing» et de manipulation de l’opinion publique. Comme le disent les Anglo-Saxons : «Damned if You Do, Damned if You Don’t.» Comment y voir clair ? Comment distinguer le véritable engagement sociétal (en supposant qu’il soit possible et efficace) du coup de pub ? Peut-être pourrions-nous ici identifier une série de critères simples.

D’abord l’essence : les initiatives sociétales ont-elles pour objectif de «racheter» ou de camoufler les effets négatifs induits par l’activité de l’entreprise ? On peut penser à certains organismes de crédit à la consommation qui, par construction, peuvent entraîner une fraction de leurs clients dans le piège du surendettement. La création de richesse économique ne peut à nos yeux légitimer une création de pauvreté.

Ensuite vient la cohérence. L’engagement sociétal de l’entreprise est-il cohérent avec ses pratiques générales ? Ou n’est-ce qu’un leurre destiné à faire oublier que les actionnaires s’approprient la totalité de la valeur créée ? Avant même d’apprécier ce type d’engagement, il convient de vérifier la conduite de l’entreprise sur des points essentiels comme la réduction des externalités inhérentes à son activité (la pollution), le juste paiement des impôts dans chaque pays ou le traitement équitable de sa filière professionnelle.

Puis se pose la question de l’efficacité : l’engagement de l’entreprise s’inscrit-il dans le cœur de son activité ? Ou se contente-t-elle de s’acheter une conduite en engageant une action sans lien avec son métier ? Aligner son engagement sociétal avec son activité permet à l’entreprise de maximiser à la fois l’impact de son action et l’adhésion de ses personnels à cette action.

C’est alors que la continuité de l’engagement entre en jeu. L’engagement sociétal ne peut se résumer à un effet d’annonce ; il devient crédible au fil des années. Les entreprises ne devraient communiquer que sur des actions concrètes, et non sur des intentions.

Enfin, l’amplitude de l’engagement peut être prise en considération et mise en regard non du chiffre d’affaires, mais de la rémunération des actionnaires. Une phase d’expérimentation est souvent nécessaire mais, au-delà, s’agit-il de l’«épaisseur du trait» destinée à acheter la paix sociétale ou d’un engagement qui pèse sur les ressources et doit être expliqué à ces mêmes actionnaires ?

Ni opprobre systématique ni admiration naïve : le discernement en matière d’évaluation de l’engagement sociétal des entreprises est nécessaire. Consommateurs, salariés et citoyens doivent être clairvoyants. Il s’agit d’encourager les entreprises qui s’exposent vraiment et de sanctionner celles qui ne font qu’obéir à l’air du temps. De notre aptitude à discriminer le vrai du faux dépendra ultimement la qualité de l’implication des entreprises sur les questions sociétales.

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« L’absence d’être, voilà ce dont meurt notre économie », entretien avec Emmanuel Faber

Beaucoup d’incertitudes nous entourent. La crise financière, économique, sociale est profonde, brutale pour certains, elle provoque beaucoup d’angoisse. Le court terme semble dicter beaucoup de nos rythmes collectifs et individuels. Crise économique ou crise de l’économie, ce sont plus que jamais les questions de sens, de finalité, celle de nos visions et de nos actions, qui sont au cœur des enjeux actuels. La crise sera-t-elle salutaire par la remise en cause des limites d’un système qui semblent désormais atteintes ? Peut-être. Ou peut-être pas. Cela dépendra peut-être d’un petit groupe de personnes – c’est d’ailleurs toujours ainsi que le monde a changé ! (M. Mead). Et de chacun de nous.

Oser croire qu’une autre économie est possible, telle était l’invitation lancée en une froide soirée du mois de février au Centre du Hautmont près de Lille. Emmanuel Faber, vice-président de Danone, et auteur du livre « Chemins de traverse. Vivre l’économie autrement » était notre invité. Son expérience, son témoignage et ses questions ont accompagné l’intérêt et l’envie de cheminer des 500 personnes présentes.

Vivre l’économie autrement, c’est d’abord une invitation à un chemin d’humanité. A écouter avec les yeux du cœur. Pour reconnaître cette petite voix qui monte au fond de nous-mêmes. Car comme l’écrit Emmanuel, « c’est à nous et à nous seuls qu’il incombe de reprendre ce qui nous appartient : le sens et le temps. » Il nous incite dans ce premier extrait (2’39’) à « quitter le temps pour vivre la durée ».

La racine grecque du mot économie, oïkos nomia, nous indique que c’est l’art de vivre ensemble. Nous sommes sans doute beaucoup à regarder autour de nous, à regarder en nous, et à ne pas voir beaucoup d’art, pas beaucoup de vivre et pas beaucoup d’ensemble. L’invitation à construire un autre monde, à vivre l’économie autrement, à penser « à côté » pour un art de vivre ensemble renouvelé est plus que jamais d’actualité. On oppose souvent l’économique et le social alors que c’est une même réalité. Comment briser les codes pour voir le monde différemment ? (7’21 »)

Ainsi, si l’entreprise n’existe que par son utilité sociale, prendre le risque de cette réconciliation c’est également emprunter le chemin, peu fréquenté, de l’unité personnelle intérieure. Mais n’est-ce pas parfois plus simple de vivre une dichotomie assumée qui monte une paroi étanche entre le méchant businessman de la semaine et l’altruiste bénévole du week-end ? (Voir cet extrait 1’25 »)

Grameen Danone Foods Ltd, une initiative pionnière qui fait école. En 2005, avec Muhammad Yunus, fondateur du Grameen Bank et prix Nobel de la paix un an plus tard (voir aussi l’article sur le social business selon Yunus), Danone initie un projet innovant: un joint-venture d’une nature nouvelle pour réduire la pauvreté par un modèle de proximité unique apportant une meilleure nutrition aux enfants des campagnes du Bangladesh, grâce à un yaourt enrichi en micronutriments : le Shokti Doi. Le projet doit être rentable pour être durable, mais sa finalité est essentiellement sociale. Pas de pertes financières, pas de dividendes pour les actionnaires non plus.

D’autres projets ont vu le jour au sein de l’incubateur de social business  danone.communities : la Laiterie du Berger au Sénégal, 1001 fontaines au Cambodge, ou plus récemment en France, Isomir qui vise à valoriser les productions locales et pérenniser l’emploi des petits producteurs…

Ce double projet économique et social s’inscrit dans la culture de l’entreprise Danone. C’est également l’héritage du « discours de Marseille » prononcé par Antoine Riboud aux Assises nationales des entreprises réunies par le CNPF (aujourd’hui MEDEF) le 25 octobre 1972.

Ce discours a fait date car pour la première fois un patron prônait la nécessité de prendre en compte la dimension humaine de l’entreprise : « La responsabilité de l’entreprise ne s’arrête pas au seuil des usines ou des bureaux. Les emplois qu’elle distribue conditionnent la vie entière des individus. Par l’énergie et les matières premières qu’elle consomme, elle modifie l’aspect de notre planète. Le public se charge de nous rappeler nos responsabilités dans cette société industrielle. (…) La croissance ne devra plus être une fin en soi, mais un outil qui, sans jamais nuire à la qualité de vie, devra au contraire la servir ».

Avec trente ou quarante ans d’avance, Antoine Riboud y évoque des problématiques bien actuelles : le développement durable, la RSE ou la nécessité d’une utilité sociale de l’entreprise. Ce discours est présenté et publié par Pierre Labasse dans Antoine Riboud, un patron dans la cité.

Cet ancrage historique illustre l’importance de la culture interne de l’entreprise, de ses valeurs et de sa mission pour innover au cœur d’un écosystème cohérent. L’émergence de la nouveauté s’inscrit toujours dans une histoire ! C’est ce qu’illustre bien la naissance du projet Grameen Danone (7’29 »)

« Inoculer le virus du social business, c’est participer à la transformation de l’entreprise. » Au-delà du chemin de conscience de chaque collaborateur, et sans « OPA sur la morale », les dirigeants ont un devoir d’utopie pour autoriser chacun à explorer les chemins d’une économie vécue autrement. C’est en effet au contact de réalités porteuses d’espérance car centrées sur la résolution pragmatique de problématiques sociales que de nouvelles envies d’engagements de collaborateurs pourront surgir … (2’03 »)

Voir également les articles de presse suivants à l’occasion de la sortie du livre Chemins de traverse en novembre 2011 : Article E Faber La Croix 6 nov 2011

Article E Faber Le Nouvel Obs 11 nov 2011

Cette intervention a eu lieu dans le cadre des soirées « Vivre l’économie autrement » organisée au Centre du Haumont à Mouvaux.

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IDEO.org ou comment le Design Thinking relève le défi d’un monde sans pauvreté

Créé en 1991  en Californie, IDEO est l’entreprise de conseil leader sur le processus d’innovation. Elle apporte une nouvelle façon de penser et de faire naitre l’innovation.

IDEO regroupe plus de 500 designers/ ingénieurs/ chercheurs/ expérimentateurs/consultants dans le monde. De la première souris d’Apple, au Palm V à l’aménagement de cabines d’avion ou la refonte des process internes d’un hôpital, cette entreprise est une référence mondiale dans le design, dans l’innovation industrielle et en matière de services. > voir quelques réalisations.

Lors d’une visite de leur site de Forest Avenue à Palo Alto en mai 2011, j’ai pu constater que loin de se limiter aux produits, la recherche d’innovation concerne aussi les services, les loisirs, les moyens de communication ou les relations de travail…

Cette méthodologie et cette culture de l’innovation centrée sur l’expérience de la personne a un nom : le Design Thinking.

Dans son livre l’Esprit Design, Tim Brown raconte comment, sous l’impulsion de ses clients, son entreprise a été amenée à sortir de ses champs de compétence habituels pour repenser plus globalement son savoir-faire dans la recherche de solutions, sa capacité à transformer les contraintes en opportunités et son observation et la compréhension des besoins des individus.

                                                                                                                                                                                                             

IDEO.ORG, où comment le meilleur du design thinking s’attaque aux problématiques de pauvreté les plus extrêmes.

C’est en 2011, que cette initiative voit le jour pour « créer le changement là où le changement est le plus attendu« . Et les premières réalisations témoignent de l’importance d’apporter le professionnalisme et les méthodes pour co-construire avec d’autres des solutions durables, locales et adaptées > voir ici« Notre mission d’apporter la pensée design centrée sur les gens à ceux qui en ont le plus besoin – ceux confrontés chaque jour à la pauvreté. Nos équipes co-créent avec des ONG et des entreprises sociales pour trouver des solutions inédites aux défis les plus importants liés à la pauvreté. Imaginez un monde sans pauvreté. Maintenant, à nous de le créer ! »

« Imagine a world without poverty. Now let’s create it !« 

Et si une approche humaniste de l’innovation pouvait enfin nous encourager à innover ?

Ce « Human-Centered Design » dont les initiales HCD révèlent également une méthode : Hear, Create, Deliver est devenu une boîte à outils à disposition de tous, fédérant une communauté de partage de bonnes pratiques.

See how human-centered design has made a difference in Myanmar in this video of Proximity :

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Pour une économie plus humaine, le social business selon Yunus

« Pour une économie plus humaine», c’est le titre de l’édition française  du livre du Pr. Muhammad Yunus, fondateur du Grameen Bank et Prix Nobel de la Paix 2006, sur ce concept dont il est l’inventeur et le premier promoteur : le social business.

Cela reflète bien une des caractéristiques essentielles de ce type d’entreprise à forte finalité sociale, mais durable parce que rentable : elle donne du sens, elle réhabilite le pouvoir du rêve par le pragmatisme d’expériences concrètes où chacun peut apporter sa contribution.

Le social business, comme prolongement du micro-crédit. Visionnaire et pragmatique, voyant que le micro-crédit ne peut, à lui seul, résoudre toutes les facettes de la pauvreté, Muhammad Yunus élargit sa démarche en expérimentant des solutions inédites d’une nouvelle forme de capitalisme et d’un nouveau type d’entreprise qui vise à apporter des solutions à des problématiques sociales, économiques ou environnementales : l’alimentation, l’eau potable, la santé, l’habitat, la pollution, l’éducation… L’ambition reste haute : éradiquer la pauvreté et la reléguer dans un musée !

Le social business selon Yunus, c’est une activité qui répond à une cause sociale, qui doit réussir à couvrir ses coûts et ne pas générer de pertes (non-loss company) et dont le développement permet aux investisseurs de récupérer leur capital initial et, si possible, de dégager des bénéfices qui seront réinvestis dans l’activité afin d’avoir un plus grand impact social (non-dividend company).

Dans cette intervention (4’36 ») pour Ashoka en décembre 2006 , le Pr. Yunus décrit la genèse de sa définition du social business à partir des expériences Grameen.

Une des initiatives emblématiques de social business est le joint venture avec Danone : Grameen Danone Foods Ltd dont la finalité est d’améliorer la santé des enfants grâce à un yaourt enrichi en micronutriments : le Shokti Doi. Les ventes de ce yaourt ont démarré en 2007;  fin 2011, les premières mesures d’impact ont été publiées par l’ONG GAIN (Global Alliance for Improved Nutrition) et l’Université John Hopkins. Une ONG qui finance la mesure d’impact social d’une multinationale, nous avons véritablement changé de paradigme !

Emmanuel Faber, vice-président de Danone, explique dans cette interview (6’26 ») à la télévision québecoise, sa définition du social business, les raisons d’être de ce type d’initiative dans l’entreprise d’aujourd’hui et les avantages d’une « zone démilitarisée » de co-construction et d’innovation sociale entre entreprises et partenaires sociaux.

D’autres grands groupes internationaux ont également initié des activités d’un genre nouveau en partenariat avec Grameen : Veolia, Adidas, BASF, le japonais Uniqlo ou encore Intel…

La présentation des principes du Social Business que Muhammad Yunus a faite en janvier 2009 au World Economic Forum de Davos est très intéressante.  Il y décrit les 6 grands principes et, à la dernière minute, en rajoute même un septième, composante essentielle et caractéristique de ces projets qui révèlent l’altruisme de l’être humain : « Do it with joy !« .

Cette mention manuscrite signe d’ailleurs chaque page de ce blog 😉  C’est un puissant moteur de changement… et un bon critère de discernement personnel et organisationnel !

Six (sept !) principes d’un social business

  1. L’objectif de l’entreprise consiste à lutter contre la pauvreté ou à répondre à un ou plusieurs problèmes (en matière d’éducation, de santé, d’accès aux technologies, d’environnement, etc.) qui menacent les individus et la société – et non à maximiser le profit.
  2. L’entreprise parviendra à s’autofinancer
  3. Les investisseurs récupéreront uniquement le montant de leur investissement. Ils ne percevront aucun dividende.
  4. Quand le montant de l’investissement aura été remboursé, les profits réalisés par l’entreprise seront consacrés à son expansion et à l’optimisation de ses processus industriels.
  5. L’entreprise sera respectueuse de l’environnement.
  6.  Des employés payés au prix du marché avec de meilleures conditions de travail
  7. Faites-le dans la joie !

Plus qu’une crise économique, ne vivons-nous pas une crise de l’économie ? La construction théorique même du capitalisme repose sur une conception erronée de la nature humaine : les personnes au cœur d’une activité économique n’auraient que pour but exclusif la maximisation du profit. Cette théorie classique de l’économie veut en effet que l’intérêt général résulte de la poursuite par chacun de son propre intérêt individuel. Ne serions-nous donc que des « machines à fric » ? Non, l’être humain peut aussi être désintéressé ! Le succès ne se mesure pas uniquement en termes monétaires mais aussi en termes d’impact, un aspect souvent absent de la théorie économique !

Réconcilier social et business, entreprises privées et acteurs sociaux, pour co-construire ensemble des solutions innovantes aux problématiques trop souvent oubliées ou trop vite classées « mission impossible » est un enjeu majeur pour construire un nouvel art de vivre ensemble, où la fin et les moyens ne sont pas confondus.

Michael PorterLa raison d’être essentielle d’une entreprise réside dans la création de valeur pour la société dans son ensemble. La volonté de créer de la valeur partagée place les bénéfices environnementaux et sociaux au même rang que les bénéfices financiers, au cœur de la logique compétitive de l’entreprise (voir le concept de shared value développé par Michael Porter) .

Social et business, vers la création de valeur partagée !

« Le but de la vie n’est pas de faire de l’argent mais d’être heureux et d’aider les autres à être heureux » Muhammad Yunus

« L’absence d’être, voilà ce dont meurt notre économie. L’économie, c’est l’art de vivre ensemble. Je regarde autour de moi ; je regarde en moi, je ne vois pas beaucoup d’art, pas beaucoup de vivre, pas beaucoup d’ensemble » Emmanuel Faber

Quel est le style de leadership développé par Muhammad Yunus et au sein de la Grameen Bank ? C’est au cœur de l’article « Le leadership au cœur d’un processus social » publié dans les Cahiers de SoL (Society for Organizational Learning) en novembre 2005. Dans cet entretien mené par Laurent Marbacher, Yunus  décrit bien comment Grameen Bank permet aux pauvres de gouter au succès pas à pas et que tout change quand les personnes découvrent qui elles sont ! Il nous invite déjà avec force à élargir notre conception du capitalisme, pour l’humaniser.

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Projet Imagine ou l’histoire de ces héros anonymes, combattants de l’espoir pour changer le monde…

Le projet Imagine, c’est mettre en lumière tous les Héros anonymes qui, dans l’ombre, font la révolution,  « car quoi de plus révolutionnaire que d’entrer en Résistance contre la morosité, le défaitisme et l’apitoiement en décidant de défendre envers et contre tout la Vie ?!« Ces héros anonymes mettent en valeur le « meilleur de nous-mêmes » et donnent envie de transformer le monde. Avec ces belles histoires et ces témoignages inspirants, il ne s’agit pas de jouer avec notre corde sensible ou de présenter le meilleur des mondes : il s’agit d’œuvrer pour un monde meilleur ! Ces « héros Imagine » sont des combattants de l’espoir qui nous donnent l’énergie pour passer à l’action.

C’est Frédérique Bedos qui est à l’origine de cette initiative de production et diffusion via le Net de vidéos. Cette journaliste indépendante se lance dans ce projet très personnel après une belle carrière comme présentatrice d’émissions de télé en France et à l’étranger (Fashion & Design TV, MTV Europe, M6 ou France 2 – dont la présentation des Victoires de la musique).

Après avoir dû apprendre à « se blinder l’âme » dans ce métier fort exposé, elle fend l’armure pour laisser entrevoir l’âme des autres et rejoindre la nôtre…

Un foyer extra-ordinaire.  Son histoire personnelle et familiale est à la source de cet engagement. Métisse originaire d’Haïti, elle est élevée dans une famille adoptive (lilloise !), avec 18 frères et sœurs venus du monde entier. Ses parents sont les premiers héros du quotidien qu’elle veut célébrer. Ce foyer est une leçon de vie pour chacun ; cette formation essentielle sera complétée par des études à l’école du Louvre et à la Sorbonne, en histoire de l’art, spécialité en égyptologie et en indianisme.

Projet Imagine, de quoi s’agit-il ? Voyez !

Quelle est la genèse de ce projet ? Frédérique Bedos, à l’énergie débordante, avec un sourire enthousiaste et une foi chevillée au corps, montre ici dans la genèse du projet combien la différence est source d’amour et de charité.

Et pour ceux qui voudraient aller encore plus loin, voici une interview très personnelle de 52 minutes sur KTO.

Let’s see also The Humble Heroes

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« Liberté & Cie », salariés libérés = performance assurée

Une autre organisation du travail est possible !  C’était la Une du Parisien en ce 10 avril, avec des exemples d’entreprises ayant choisi de s’organiser de manière différente sur la base de petites équipes autonomes encourageant l’initiative des collaborateurs et le partage des prises de décisions, avec des performances notables !

Cela rejoint le constat de Jean-François Zobrist de FAVI : « il n’y a pas de performance sans bonheur, et il n’y a pas de bonheur sans responsabilité » cité dans un post précédent et dont l’entreprise est à l’honneur dans cet article :

Le Parisien Entreprises libérées avril2012

Depuis plusieurs années, Isaac Getz (Professeur de Management des Idées, de l’Implication et de l’Innovation à l’ESCP Europe) étudie ces entreprises dont la croissance se fonde en grande partie sur l’initiative et l’implication de ses salariés. Fin 2009, il publiait Freedom Inc.

La version en français de ce livre Liberté & Cie vient d’être publiée chez Fayard, c’est un livre inspirant de pratiques à contre courant qui montrent que liberté des salariés rime avec performance et bonheur…

Voir le site officiel du livre > ici

Quelques extraits du reportage « L’entreprise libérée » sont à visionner ici :

L’entreprise Libérée – Production Eikos from EiKOS on Vimeo.

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Réflexions pour prendre le temps de donner du sens…

Construire un autre monde et croire qu’un autre art de vivre ensemble est possible : cela commence par prendre le temps de chercher le sens, de creuser les questions avant d’apporter nos propres réponses…

C’est l’invitation de ce diaporama avec quelques citations connues ou moins connues sur fond d’images contrastées des quatre coins du monde avec une composition musicale du guitariste chilien Diego Baeza : « Le don de la sagesse »

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L’entreprise qui croit que l’Homme est bon

L’expérience de la fonderie picarde FAVI est celle d’une entreprise libérée. Jean-François Zobrist, son directeur à partir de 1971 y a introduit un management à contre-courant des pratiques habituelles qui libère les énergies et a permis à ce sous-traitant de l’industrie automobile de rester localisé dans son village d’Hallencourt, de devenir leader sur son marché et d’innover pour garantir l’avenir.

Le constat de base : il n’y a pas de performance sans bonheur, et il n’y a pas de bonheur sans responsabilité. Supprimer les échelons hiérarchiques. libérer les énergies, concentrer les forces sur 2 missions : la création de valeur et la génération de chiffre d’affaire.

Jean-François Zobrist nous raconte ici en quelques minutes ses fondamentaux du management ou l’art de faire en sorte que les choses se fassent d’elles-mêmes.

Cette entreprise ronde dans un monde carré est d’abord le fruit d’une expérience qui ne cherche pas à ériger son témoignage en modèle. Cette expérience a cependant attiré le professeur du MIT Shoji Shiba qui a contribué à formaliser le système de management FAVI. Toute cette expérience est décrite dans des fiches de management très concrètes > ici. Les histoires des collaborateurs qui illustrent et donnent force à la théorie sont également répertoriées > ici.

Deux livres racontent cette histoire avec les témoignages des collaborateurs de FAVI : « Comment un petit patron naïf et paresseux innove » ou « FAVI, l’entreprise qui croit que l’homme est bon« .

Question de confiance, c’est aussi le titre du reportage de 45′ de François Maillart, diffusé sur France 3 :

Pour prolonger sur le sujet des liberated companies, lisez Freedom Inc. de Brian Carney et Isaac Getz qui mentionne différents exemples, dont celui de FAVI.

> Voir aussi le post Liberté & Cie

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C’est en s’amusant qu’on change le plus facilement !

The Fun Theory, c’est une initiative de Volkswagen en Suède qui illustre très bien une réalité trop souvent oubliée : c’est en s’amusant qu’on change le plus facilement certains de nos comportements.

La gamification est d’ailleurs une tendance croissante que l’on observe sur les sites web ou les réseaux sociaux, mais aussi dans des processus d’apprentissage ou de changement en entreprise.

Il y a encore beaucoup à faire pour rendre plus ludique bon nombre de nos apprentissages et de nos tâches. C’est un clé pédagogique qui sera utilisée de façon croissante.

Puissent ces vidéos nous inspirer et nous donner envie de mettre du fun pour faire changer les choses…

Escalier ou escalator ? Comment faire préférer l’effort de monter marche après marche en y installant des noires et des blanches d’un clavier inédit de piano.

Comment inciter les personnes à jeter 2 fois plus de déchets dans une poubelle publique ?

Recycler en jouant à la lotterie, c’est aussi le projet Canibal, une borne de recyclage. A chaque fois qu’une cannette ou une petite bouteille est déposée, un ticket de lotterie est édité !

http://c.brightcove.com/services/viewer/federated_f9?isVid=1&isUI=1

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Playing for change, une autre manière de changer le monde

Une même chanson jouée aux quatre coins de la planète par des artistes de rue qui ne se connaissent pas mais partagent une même aventure et une même émotion grâce au partage en ligne : c’est le mouvement Playing for change.La musique dépasse le cadre des frontières et nous emmène au-delà de nos différences, de nos cultures ou de nos opinions. La musique a le pouvoir de nous unir en tant qu’habitants d’une même planète.

A ce mouvement de partage de musique démarré par Mark Johnson en 2005, s’est greffée deux ans plus tard une fondation pour développer des écoles de musique dans les communautés rencontrées.

Mais place à la musique, aux images et à l’émotion, avec la chanson qui a fait connaître le mouvement : Stand by me

et une parmi beaucoup d’autres : Satchita

Connecting the world through music

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