La Banque Solidaire de l’Équipement pour aménager son foyer quand on a trouvé un toit

En France, 1,2 millions ménages en situation de précarité sont dans l’attente d’un logement social.  Or, seules 61.000 nouvelles mises en location auront lieu dans le parc social. Le temps moyen d’attente des familles est ainsi de plus de 6 ans.

La réalité du mal-logement recouvre des réalités diverses mais touche un nombre croissant de personnes. > Voir ici les chiffres de la Fondation Abbé Pierre.

L’obtention d’un logement social ne résout pourtant pas tout ! En effet, ces familles débarquent souvent avec quelques valises et ne disposent pas de l’équipement de base pour l’aménagement de leur logement. Au départ, certaines personnes peuvent même parfois regretter la structure d’urgence – équipée – qu’elles viennent de quitter… Avec les faibles revenus dont elles disposent, elles peuvent mettre un ou deux ans à aménager leur nouveau foyer.

Face à cette situation, Emmaüs Défi a initié début 2012 sur Paris la Banque Solidaire de l’Équipement. Ce service a pour objectif de permettre aux ménages ayant accès à un premier logement de s’équiper en biens de première nécessité. Il repose sur la vente et la livraison à prix modique de matériel d’équipement neuf. Les bénéficiaires sont orientés et qualifiés par les travailleurs sociaux de la Ville de Paris qui valident avec eux les priorités d’équipement et le budget associé. Ils sont reçus sur rendez-vous pendant la semaine dans le bric-à-brac d’Emmaüs Défi où un « appartement témoin » leur permet de voir et choisir les produits disponibles : meubles, linge de maison, petit électroménager et vaisselle.

Sur le modèle des Banques Alimentaires, Emmaüs Défi reçoit des dons de biens d’équipement neufs invendus d’entreprises, dont Carrefour a été le premier partenaire. Les produits proposés ne sont pas gratuits, la responsabilisation, l’autonomie et la dignité des personnes sont importantes. Un premier équipement tourne autour des 300€ soit un cinquième à près de sa valeur commerciale.

« Lorsqu’une famille a trouvé un toit, il reste encore à bâtir un foyer et c’est tout aussi difficile. Lorsqu’elles intègrent leur logement après des années d’attentes, les familles ne possèdent rien ou presque. En tout cas pas de quoi aménager leur nouvel environnement et donc pouvoir pleinement se l’approprier. Or, cette étape d’appropriation est cruciale dans le processus d’inclusion sociale. Il faut donc l’accélérer au maximum », précisait le directeur général d’Emmaüs Défi, Charles-Edouard Vincent lors du lancement officiel du projet le 6 juin 2012.

Pour écouter le témoignage d’Elvire, une jeune mère de famille, sur RTL en juin, > cliquez ici

250 familles bénéficiaires en 2012 : en 52″ sur cette vidéo, Fred, responsable logistique de la BSE en décrit le fonctionnement et fixe le cap pour cette première année :

Pour Emmaüs Défi, il s’agit de construire un projet pérenne qui permette de créer de l’emploi pour les salariés en insertion d’Emmaüs Défi. C’est le premier objectif de l’association : « Donner à chacun une chance d’accéder à un travail, quelle que soit sa situation. »

Pour une entreprise partenaire comme Carrefour, c’est faciliter la gestion des fins de stocks de certains produits à moindre coût tout en apportant une solution à des personnes qui en ont besoin.

Cette initiative de Social Business vient enrichir les rangs des innovations sociétales qui associent entreprises privées et acteurs sociaux de terrain à la résolution de problématiques, dans un modèle économique équilibré qui assure leur pérennité.

Publié dans Social business | Tagué , , , | Un commentaire

B Corporations, une nouvelle génération d’entreprises au service du bien commun

«B Corps» ou «Benefit Corporations»: derrière ce label et une nouvelle forme d’entreprise aux États-Unis, un mouvement de fond est en train de voir le jour avec des entreprises qui entendent utiliser le pouvoir du business pour créer un « bénéfice public », social ou environnemental, au service du bien commun.

« Faire évoluer le capitalisme », c’est ce que souhaite Jay Coen Gilbert, fondateur américain du B Lab et premier promoteur des B Corporations. Il s’agit de passer d’un capitalisme du XXe siècle, dont la seule règle est de créer de la valeur pour les actionnaires, à un capitalisme du XXIe siècle qui prend en compte l’ intérêt des travailleurs, des communautés locales et de l’environnement au même titre que celui des actionnaires.

Leur slogan :  « Nous ne voulons pas être les meilleurs DU monde mais les meilleurs POUR le monde !»

Qu’est-ce qu’une entreprise B-Corp?

En fait derrière cette appellation, se trouvent deux réalités différentes :  aux États-Unis, il s’agit d’une nouvelle structure juridique d’entreprise, modèle hybride entre une entreprise classique (par exemple une C-Corp, équivalent de notre SA en France) et une association sans but lucratif. Cette nouvelle structure légale permet d’apporter une protection légale aux entreprises qui considèrent que les résultats ne se mesurent pas uniquement en termes de profits, mais qui veulent avoir des objectifs pour créer un réel impact positif sur la société et l’environnement. Le Maryland a été le premier État américain a intégrer ce dispositif dans sa législation en avril 2010, rapidement suivi par sept autres États, aujourd’hui ils sont 11 et bientôt 16…

Les entreprises B-Corp sont un nouveau genre d’entreprises dont les obligations fiduciaires sont redéfinies afin de prendre en compte l’intérêt des travailleurs, des communautés locales et de l’environnement. Elles rendent ainsi compte publiquement chaque année de leurs performances sociales et environnementales en utilisant une norme standard indépendante, compréhensible, crédible, et transparente.

Pourquoi une évolution juridique était nécessaire ? Les B Corps ne seraient pas nées sans la controverse judiciaire qui obligea les créateurs du glacier Ben & Jerry’s à vendre leur entreprise à Unilever en 2000 malgré leurs refus réitérés et leur volonté de construire une entreprise différente aux principes respectueux de l’environnement et des communautés locales bien marqués : ingrédients bio, commerce équitable, empreinte carbone réduite,  transparence et partage avec les employés, don d’une partie importante des bénéfices à la communauté…  La Cour Suprême des États-Unis obligea en effet ses fondateurs Ben Cohen et Jerry Greenfield à accepter l’offre de 326 millions de dollars d’Unilever car ils furent dans l’incapacité de démontrer que leur modèle pourrait générer autant d’argent que le montant proposé par la multinationale. La loi établissant que le rôle premier d’une entreprise est de maximiser ses profits pour les actionnaires, refuser une telle offre devenait hors-la-loi !

Bart Houlahan et Jay Coen Gilbert ont vécu une histoire similaire à la tête de leurs magasins de sportswear autour du basket ball AND 1;  ils n’ont pu refuser les 250 millions de dollars d’American Sporting Good pour leur entreprise. Associé à Andrew Kassoy, un autre ancien de Stanford, le trio se met en recherche d’un nouveau modèle d’entreprise qui permette de développer une activité dont l’objectif premier soit de résoudre une problématique sociale ou environnementale, avec le moins d’externalités négatives possibles.

En 2007, ils ont donc créé le B Lab, organisme sans but lucratif leur permettant d’être eux-mêmes les auteurs des changements qu’ils voulaient voir dans le monde  – we must be the change we seek in the world, tel que repris dans la charte B-Corp.

Au-delà du lobby et de la promotion de l’existence des B-Corporations dans les lois de chaque État américain, le B Lab a lancé à l’automne 2011 le GIRRS, une agence de notation sur l’impact global des entreprises à destination des investisseurs pour une analyse extra-financière de leurs investissements. En moins d’un an, 63 fonds d’investissements et 410 entreprises de 30 pays sont rentrés dans ce processus de notation.

> Voir le rapport annuel 2012

La troisième initiative du B Lab a une portée plus universelle encore. Dans un monde où le scepticisme règne en maître et où le green washing a parfois fait place au social washing, il est légitime d’avoir une certification indépendante permettant de souligner l’engagement durable et responsable d’une entreprise pour avoir un réel impact positif sur la société et l’environnement. C’est le label B Corporation. Pour se faire certifier, l’entreprise doit répondre favorablement à au moins 80 critères sur 200 points du questionnaire B Impact Assessment. Plus de 600 entreprises opérant dans 60 secteurs d’activité différents dans 15 pays sont aujourd’hui certifiées (une seule en Europe pour l’instant !). > voir le rapport annuel 2012

L’Amérique latine a accueilli favorablement ce nouveau label. Les entreprises B commencent à se développer au Chili, en Argentine ou en Colombie, bientôt au Brésil… En lien avec le B Lab, Sistema B rassemble depuis 2011 la communauté des promoteurs du label Empresa B en Amérique du Sud.

Tri-Ciclos est la première entreprise chilienne certifiée B Corp, en janvier 2012. C’est d’ailleurs son co-fondateur et actuel directeur général Gonzalo Muñoz qui m’a le premier sensibilisé aux B Corp.

Après avoir occupé différents postes à responsabilités dans des entreprises traditionnelles, Gonzalo a décidé de prendre son indépendance pour mettre ses talents au service d’une cause qui fasse sens et qui ait de l’impact. En 2009, naissait Tri-Ciclos qui propose une offre de recyclage de plus de 20 matériaux différents dans ses Puntos Limpios. Ce permet de recycler 90% des poubelles domestiques d’un pays encore peu habitué au tri sélectif. En plus des objectifs pédagogiques à destination du public, de l’intégration et de l’implication des collaborateurs de l’entreprise, Tri-Ciclos fait bouger les lignes au niveau de la filière et travaille en amont avec les industriels pour mieux anticiper la fin de vie de leurs produits et en aval pour la revalorisation et le recyclage des déchets.

La vidéo suivante [9’51 »] présente de manière sympathique et didactique le projet Tri-Ciclos. Elle a été réalisée par deux jeunes nordistes dans le cadre de leur projet Inspireo (soutenu par Groupe ADEO !) qui se propose «d’aller à la rencontre des entrepreneurs d’exception d’Amérique Latine pour vous donner des idées et ainsi vous permettre de vous réinventer.»

Une solution partagée et diffusée sur

Publié dans Social business | Tagué , , , , , , , , , , , | 5 commentaires

« Allez, on y va ! » quand le Times of India incite à se mobiliser…

Coup de cœur pour cette vidéo faisant la promotion du projet Lead India ou comment une pub télé nous invite à y aller, à passer à l’action, à laisser la passivité de côté pour faire bouger les lignes… D.O. c’est le mot d’ordre, deux lettres pour passer du dire au faire, de l’idée à la réalisation (> voir l’affiche D.O.).

Cette vidéo montre comment une seule personne, en l’occurrence un petit garçon, peut conduire une foule entière. C’est le genre de leadership que Lead India veut promouvoir. Cette initiative a été lancée par le premier quotidien en langue anglaise du pays : the Times of India à l’occasion du 60ème anniversaire de l’indépendance de la plus grande démocratie du monde. Face à la désillusion croissante de la population vis-à-vis de la classe politique et au désarroi de certains médias face au manque de leadership, ce média a lancé depuis 2007 une vaste campagne pour trouver les futurs leaders du pays.

Rahul Kansal, directeur marketing de The Times Group, est en charge des stratégies éditoriales des différents titres de presse du groupe. C’est sous son mandat que le Times of India est devenu le titre de presse quotidienne en anglais le plus diffusé au monde, devant USA Today et The Wall Street Journal. Il a également mis en place différentes initiatives très novatrices :  après India Poised qui donna ensuite naissance au projet Lead India, les projets Teach India, Aman Ki Asha et the Power of Ideas ont vu le jour.

Rahul Kansal est intervenu lors de la soirée « Les médias peuvent-ils changer le monde ? » organisée par SparkNews dans le cadre du forum Convergences 2015 au Palais Brongniart à Paris le 19 septembre.

Son témoignage illustre le rôle indéniable des médias en tant que relais de propositions qui éveillent les consciences et invitent à l’action. En particulier, l’initiative qu’il a présentée autour de la campagne Aman Ki Asha Love Pakistan a eu un impact formidable entre ces deux pays ennemis dont la frontière est certainement la plus sensible au monde… Une étude montre que suite à cette campagne de paix entre l’Inde et le Pakistan, le pourcentage de citoyens favorables à la paix entre les deux pays est passé de 59% à 74%.

Cette initiative est construite avec le groupe de presse pakistanais Jang Group. Elle intègre de nombreuses occasions de rencontre et de partage entre ressortissants des deux pays dans le domaine artistique, culturel, sportif et même de management et de business.

Publié dans Innovation, leadership & management, La beauté sauvera le monde, Rencontre inspirante | Tagué , , , , , , | 5 commentaires

Optique solidaire, le social business qui redonne la vue aux seniors fragilisés

Favoriser l’accès des seniors financièrement fragilisées à un équipement optique de qualité, c’est l’objectif de l’association Optique Solidaire lancée nationalement en mai 2012.

Le « Pass Lunettes » est un dispositif qui s’adresse aux personnes âgées de plus de 60 ans bénéficiaires de l’Aide à la Complémentaire Santé (ACS) dont les revenus sont compris entre 648 et 816€. En effet, pour cette population dont le «reste à vivre» (une fois les charges courantes payées) varie entre 75 et 150€ par mois, le montant de la facture restant à charge pour une monture avec des verres progressifs dépasse souvent les 350€, impossible à financer sur leurs ressources courantes.

Ces seniors qui se situent sous le seuil de pauvreté sont particulièrement pénalisés car ils n’ont pas accès à la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (la CMU-C est réservée aux personnes percevant moins de 648 euros mensuels) et doivent donc souscrire une assurance complémentaire classique, dont le montant augmente avec l’âge ! Malgré l’aide à la souscription ACS, ils peuvent être amenés à choisir des contrats à garanties plus limitées, notamment en optique, pour baisser la cotisation mensuelle, alors que la correction visuelle devient plus complexe et plus onéreuse avec l’âge…

Un défi simple et ambitieux : baisser le coût d’une monture de qualité de 350 à 120€. C’est en effet le montant susceptible d’être couvert par le (faible) remboursement de la Sécurité sociale et de la Complémentaire santé ou, dans le cas des moins bonnes couvertures, de laisser un « reste à charge » de quelques dizaines d’euros. Il s’agit de trouver une solution concrète aux 140.000 bénéficiaires potentiels de cette proposition afin qu’ils ne renoncent pas à l’idée de consulter et qu’ils réintègrent un suivi médical normal.

Un travail de co-construction inédit. Avec trente acteurs de la filière optique : ophtalmologistes, opticiens, complémentaires santé, verriers, fabricants de montures, le projet autour de l’association Optique Solidaire a réuni pour la première fois ceux qui assurent, ceux qui soignent, ceux qui fabriquent, ceux qui vendent et ceux qui distribuent. Cette co-construction de l’ensemble des parties prenantes autour d’une forte finalité sociale dans un modèle économique pérenne est le principe même du social business (> voir les autres articles sur le sujet). C’est cette concentration de force de l’ensemble de la filière qui a permis l’aboutissement du concept après plus de 18 mois de travail et d’expérimentation.

Un modèle économique autofinancé. Les principes du social business ont guidé le projet dès son origine. L’Action Tank « Entreprises et pauvreté » de la chaire HEC du même nom a accompagné l’ensemble du processus.  Le programme Optique Solidaire fonctionne sans financement public mais repose sur la démarche volontaire des participants et en particulier des industriels et des opticiens qui acceptent de travailler « à coût marginal » en repensant la chaîne de valeurs et les complémentarités entre les différents acteurs. Il ne s’agit pas d’une action caritative qui suppose un don; les bénéficiaires paient ici pour obtenir leurs lunettes à un coût rendu accessible doublé d’une prise en charge possible.

« Il s’agit d’un modèle économique novateur où l’on ne gagne ni ne perd d’argent. Et ce n’est pas du low cost, la qualité des soins optiques reste la même que pour tout client, précise Xavier Subirana, ophtalmologue et président de l’association, les gens achètent la matière première et la technologie. Tout le reste est couvert par les efforts consentis sur les marges à différents échelons par la filière ». Avec le social business, ces grands groupes repoussent les frontières de l’économie et du social: oui au business, mais sans l’objectif de profit financier.

Partir des besoins des personnes défavorisées. A ces deux premiers principes du social business : pas de pertes/pas de profits et une co-construction mettant en œuvre des alliances nouvelles, on retrouve également dans ce programme l’ingrédient de l’innovation inversée : la définition du produit se fait à partir de la réalité et des besoins des personnes en situation de précarité, population souvent pas ou mal connue des structures marketing. C’est une caractéristique des projets BoP visant à atteindre le « bas de la pyramide ».

Concrètement, comment ça marche ?
Le Pass Lunettes intègre une consultation ophtalmologique et une paire de lunettes avec verres progressifs :

1/ Les Complémentaires Santé (13 organismes à ce jour) informent par courrier les personnes de leur portefeuille visées par le programme de l’existence du Pass Lunettes avec le détail de la proposition et le coût final éventuel en fonction de sa couverture.

2/ Le bénéficiaire prend alors rendez-vous chez un ophtalmologiste, qui est invité par le Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF), partenaire de l’Association, à  le recevoir dans un délai inférieur à 3 mois, sans dépassement d’honoraires.

3/ Chez l’un des 483 opticiens adhérents volontaires (la liste des 3 plus proches de son domicile est indiquée dans le courrier), il pourra choisir sa monture parmi une collection de 11 modèles fabriqués par 5 lunetiers français. Ce choix de modèles restreint dans une gamme actuelle mais dont les coût de R&D sont amortis permet de concentrer les volumes et de baisser le coût des montures.

4/ L’opticien reçoit le client, souvent dans ses plages horaires de disponibilité dans la semaine. Il prend les mesures et commande sur un Extranet spécifique l’équipement complet auprès d’Essilor qui effectue l’usinage des verres progressifs sur la monture sélectionnée. Les verres sont de qualité : en polycarbonate traité avec un antireflet qui combine un anti-salissures et un anti-rayures.

5/ L’opticien réceptionne les lunettes déjà équipées et les remet à son client. Le prémontage en usine des verres qui incombe généralement aux opticiens permet de diminuer leur coût d’intervention.

Une phase expérimentale avant le lancement national. En juin 2011, le projet Optique Solidaire a d’abord été testé à Marseille auprès d’un potentiel de 139 bénéficiaires avec 7 opticiens et la Mutuelle du Midi (groupe AG2R La Mondiale). Résultats : 34 personnes, soit 25 % des éligibles, sont porteuses d’un équipement. La démarche a également permis de détecter plusieurs pathologies oculaires qui ont pu être traitées par ailleurs. La population concernée, majoritairement des femmes seules âgées de 70 à 75 ans, «qui ne demandent rien», touchant une petite pension de réversion, n’est pas naturellement très réceptive à ce genre de proposition. Très sollicitées par le démarchage, elles pensaient à un piège publicitaire et il a fallu faire œuvre de pédagogie pour les informer de l’utilité désintéressée de la démarche.

Un an après, le lancement national a pu être effectué. 8000 bénéficiaires sont attendus en 2012. A terme, 140.000 personnes devraient profiter de ce «Pass Lunettes»

Publié dans Social business | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Une erreur est moins grave que des salariés passifs, osons la confiance et l’autonomie !

En juin, l’Usine Nouvelle publiait une série d’articles intitulée : « Innovation sociale : pour en finir avec le management » Partant du principe que le management « à la papa », fondé sur le principe du commande-contrôle, est plus en plus inefficace, l’article scrute les pratiques d’entreprises innovantes d’un point de vue managérial, misant sur l’autonomie, la liberté et la confiance pour être performants.

Entre malaise, pression et désengagement, le management semble être arrivé en bout de course et doit se renouveler. Pour cela, il faut dépasser le modèle taylorien en misant sur la liberté individuelle, d’où le titre My taylor est mort !

> voir l’article de Christophe Bys de juin 2012

Isaac Getz, professeur à l’ESCP Europe et co-auteur du livre Liberté & Cie (> voir l’article sur le sujet) y retrace l’origine de ce management issu de la révolution industrielle. Ce système hiérarchique mis au point par Frederick W. Taylor à la fin du XIXè siècle sépare « ceux qui savent » et « ceux qui exécutent ». Force est de constater que beaucoup d’entreprise continuent à fonctionner sur ces deux piliers : la commande et le contrôle. Avec un poids croissant des fonctions intermédiaires de procédures et de reporting.

« Ce modèle-là est à bout de souffle, notamment parce qu’il ne favorise pas l’innovation et la créativité qui sont essentiels pour offrir des solutions personnalisées et innovantes au client-roi. En outre, le contrôle coûte cher en argent et en énergie. Prenez le temps passé à mettre en place des procédures, à les faire respecter, ajoutez-y celui passé à les contourner… c’est autant de temps gâche pendant lequel on ne produit pas, ni ne s’occupe pas du client. » indique Isaac Getz.

Pour libérer l’innovation, il faut affranchir les salariés. Les différentes expériences d’entreprises libérées mentionnées dans l’article, notamment la fonderie FAVI en Picardie, la biscuiterie Poult à Montauban ou Techné spécialise des joints dans le Rhône montrent que donner de la liberté et de la responsabilité aux salariés améliore la performance de l’entreprise. La condamnation du management taylorien n’est pas nouvelle, Getz insiste sur la notion de leadership libérateur, c’est-à-dire d’un leader qui est au service de ses collaborateurs.

Une erreur est moins grave que des salariés passifs. Pour Olivier Vassal, consultant au Boston Consulting Group, et auteur du livre Quand le don de soi ne va plus de soi, il est urgent de redonner du sens au travail des salariés : « Il faut faire confiance aux individus, laisser des espaces, des marges de manœuvre. Les managers actuels sont obsédés par le contrôle. Il faut, à l’inverse, donner de la liberté aux gens pour qu’ils prennent des initiatives même s’ils se trompent. Une erreur est moins grave que des salariés passifs. »

Il faut diffuser la confiance. C’est l’injonction de Xavier Fontanet, ex-PDG d’ESSILOR, qui a fait de son entreprise le leader mondial du verre ophtalmique. En réponse au désengagement des salariés mis en avant dans de nombreuses études, il nous redit qu’en premier lieu, il faut une stratégie crédible et ambitieuse qui mobilise chacun à donner le meilleur de lui-même pour être à la hauteur de l’ambition à laquelle ils ont adhéré. Par contre, l’exécution de cette stratégie dépend de chacun. « Tout repose sur la confiance. Ce que j’ai réalisé de mieux dans ma carrière, j’y suis parvenu quand on m’a fait confiance. Quand on la diffuse, chacun sait qu’il sera soutenu. Il faut que chacun ait confiance en soi, dans les autres, ses collaborateurs ou ses pairs. »

Publié dans Innovation, leadership & management | Tagué , , , , , , , , | 4 commentaires

MOBILIZ, le programme de social business de Renault pour une mobilité solidaire

Ce mercredi 11 juillet, j’ai eu l’opportunité de participer au lancement officiel par Carlos Ghosn du programme de Social Business de Renault : MOBILIZ. Il indiquait:  « ce programme renforcera l’ancrage local de Renault et ouvrira la voie à de nouvelles solutions de mobilité, économes et innovantes.»

L’incapacité de se déplacer, en particulier l’impossibilité d’acquérir ou d’entretenir un véhicule est un facteur important d’exclusion sociale et économique. L’ambition du programme MOBILIZ est ainsi de proposer des solutions innovantes pour faciliter l’accès à la mobilité des personnes en situation de précarité.

La mobilité, condition de l’insertion : de nombreux emplois, notamment peu ou non qualifiés, sont éloignés des centres urbains ou leurs horaires ne correspondent pas toujours à ceux des transports en commun. La mobilité et les moyens de se déplacer ont radicalement changé ces 40 dernières années,  la distance pour se rendre sur son lieu de travail ayant été multipliée par six. La capacité de mobilité devient également une compétence à acquérir dans une société où 2 millions de personnes sont touchées par l’illettrisme et où 10% de la population active n’a pas son permis de conduire. La contrainte économique d’un poste de dépenses annuel moyen de 4.400€ par ménage renforce l’exclusion sociale.

Pauvreté et mobilité en France. Le seuil de pauvreté en France est fixé à 954€ par mois pour une personne seule, ce qui représente plus de 8 millions de personnes (13% de la population). L’Observatoire de la mobilité estime à 15 millions le nombre de personnes qui rencontrent des difficultés de mobilité pouvant constituer un frein à l’insertion sociale.

L’optique Social Business du programme Renault : MOBILIZ s’inscrit dans la définition du social business portée par Muhammad Yunus (> voir les articles sur le sujet): « On développe un Social Business pour résoudre un problème social de façon entrepreneuriale. Le principe de fonctionnement : ni perte, ni distribution de dividendes; les profits sont réinvestis pour maximiser l’impact social

Pour le lancement de MOBILIZ, François Rouvier, directeur du social business et Claire Martin, directrice de la responsabilité sociale de Renault, ont invité plusieurs intervenants impliqués dans des projets de social business à mieux définir cette nouvelle manière d’articuler entreprises privées, acteurs sociaux de terrain et pouvoirs publics: Martin Hirsch, président de l’Agence du Service Civique, Emmanuel Faber, directeur général délégué de Danone, Jean-Marc Borello, directeur du groupe SOS et Frédéric Dalsace, titulaire de la chaire Entreprise et Pauvreté d’HEC.

Dans l’extrait vidéo suivant (3’54 »), Claire Martin explicite le besoin d’une compréhension fine des besoins et des contraintes des personnes en situation de précarité pour offrir des solutions « innovantes, frugales et pérennes ».

Emmanuel Faber revient sur le rôle social de l’entreprise et la manière dont les problèmes sociaux, que le développement économique, les autorités publiques ou le travail des ONG n’ont pas pu résoudre, peuvent trouver une solution par le social business. Il redit également l’impérieuse nécessité d’une coalition d’acteurs réunissant le secteur privé, l’Etat et les organisations sans but lucratif qui, chacun de leur côté, ne sont pas en mesure de résoudre certaines problématiques. Cette co-construction est facilitée par la « zone démilitarisée » que permet la non-recherche de profit pour l’actionnaire de la logique du social business : pas de pertes, pas de profits.

Frédéric Dalsace utilise quant à lui une image liée à une vieille pub télé pour illustrer que le social business c’est la mise à disposition de toute la compétence et la puissance de l’entreprise pour résoudre de manière différente une problématique sociale. 

Renault-MOBILIZ, de quoi s’agit-il ? Le dispositif mis en place permet par exemple à une personne en difficulté de mobilité, qualifiée et orientée par une association partenaire, d’accéder à une maintenance à prix coûtant de son véhicule dans un garage solidaire (concession ou agent du réseau Renault qui s’est porté volontaire). L’accueil et le traitement de l’intervention sont identiques à ceux d’un client habituel (même café d’accueil !), les opérations étant effectuées par les techniciens du réseau Renault. Le véhicule peut ainsi être maintenu en état de fonctionnement à un prix adapté aux revenus de la personne.

Un projet en co-construction. Les critères d’éligibilité et l’orientation vers les garages solidaires se fait par le biais de l’association Voiture & Co, à même d’évaluer les besoins de mobilité de la personne et de trouver une solution adaptée : formation, location de divers moyens de transport ou orientation pour un entretien ou une réparation vers un Garage Renault Solidaire. Comme toujours dans un projet de social business, MOBILIZ s’appuie sur le travail coordonné de différents partenaires associatifs et du réseau d’agents et de concessionnaires du constructeur.

L’association Voiture &Co a été crée en 1998 « pour permettre à tous de se déplacer mieux en polluant moins« . Le site Internet www.bougezversl’emploi.com présente les différentes actions proposées dans leurs plateformes régionales, notamment dans l’accompagnement des personnes pour qui mobilité rime avec emploi. Le bilan 2011 et perspectives 2012 est disponible > ici

Par ailleurs, un fonds d’investissement, Mobiliz Invest, doté à ce jour par Renault de 5 millions d’euros, finance les structures innovantes développant des solutions de mobilité pour les personnes en difficulté sociale et financière. Le développement au plan national des plateformes de mobilité de Voiture & Co fait donc partie des premiers projets financés.

Parrainage de la Chaire « Entreprise & Pauvreté » de HEC Paris : Renault a décidé de parrainer ce programme dirigé par Bénédicte Faivre-Tavignot qui vise à contribuer à une économie plus inclusive, créatrice de valeur économique et sociétale pour lutter contre la pauvreté. Partager les connaissances existantes sur le social business, échanger avec les autres entreprises engagées dans cette démarche et bénéficier du soutien et des conseils d’experts ont motivé l’équipe de MOBILIZ à ce partenariat plus académique.

Un projet de Social Business prend sens s’il permet de remplir un peu mieux, un peu plus loin, la mission de l’entreprise; il doit être en phase avec ses valeurs et impliquer ses collaborateurs. Il se co-construit avec d’autres partenaires. Tous les ingrédients semblent réunis autour de MOBILIZ. Dans une actualité très morose pour l’industrie automobile française, le lancement de cette initiative renforçant la mission de Renault, la mobilité durable pour tous, est significative.

Publié dans Social business | Tagué , , , , , , , , , | 2 commentaires

Nettoyer tout le pays en un jour : faisons-le !

J’ai eu la chance de rencontrer fin juin un personnage inspirant, qui pourrait sembler fou… mais qui sait ce qu’il fait ! Rainer Nõlvak est un estonien de 46 ans. Amoureux de la nature et des magnifiques paysages naturels de son pays, il se révolte un jour contre les nombreuses décharges sauvages qui polluent son pays. Il décide alors de passer à l’action.

Son idée ? Organiser une mobilisation sans précédent de ses concitoyens pour débarrasser l’Estonie des 10.000 tonnes de déchets déposés illégalement dans tout le pays. Et pour rajouter un peu de piment à cette action d’envergure, il lance le défi de le faire en un jour ! Sous la bannière Let’s do it !, la mobilisation commence alors pour réunir les meilleures compétences permettant de développer la géolocalisation des déchets via smartphone, le plan de communication, l’évacuation des déchets et leur recyclage et la coordination de toutes les bonnes volontés le jour J.

Le 3 mai 2008 a eu lieu le premier Clean-up Day en Estonie. 50.000 bénévoles se sont mobilisés, soit 4% de la population du pays, le plus grand événement national de toute l’histoire du pays. A l’échelle de la France, cela représenterait 2,6 millions de personnes ! Le coût de ce ramassage fut inférieur à 500.000€ alors que les services de l’Etat aurait mis 3 ans et dépensé plus de 22 millions d’euros pour réaliser le même travail. La vidéo de cette journée s’est répandue comme un virus et ce modèle de journée de nettoyage a été reproduit dans plus de 15 pays avec des résultats stupéfiants.

Fort de cette expérience, la question que nous pose sérieusement Rainer Nõlvak : « Comment se débarrasser des 100 millions de tonnes de déchets sauvages qui polluent notre planète ? »  C’est le World Clean’ up qui vise à rassembler 300 millions de personnes dans 100 pays entre le 24 mars et le 25 septembre 2012. Rejoignez le mouvement sur www.letsdoitworld.org

« Nous avons tout  simplement mis en œuvre le principe très réaliste de « Faisons le ! » à savoir la philosophie au travers de ce type d’actions – au lieu de blâmer ton prochain,  trouve plutôt la façon dont tu peux agir pour faire évoluer vers le positif les choses et invite chacun à te rejoindre » indique Nõlvak.

Le titre officiel de Rainer Nõlvak au sein du mouvement Let’s do it ! est : Chief Motivator. Motivateur en chef, cela en dit long sur le type de leadership qui l’anime et qu’il anime…

« Le manque de vision et de leadership associé est ce qui manque le plus chez les principaux dirigeants du monde politique, dans les ONG et même dans les entreprises. » me confiait ainsi Rainer en revenant de Rio+20 où il organisait le 19 juin une cleanup action dans le parc Garota de Ipanema, effort symbolique impliquant les délégations de tous les pays du monde autour d’une action concrète, une manière de redire que les problèmes auxquels nous faisons face requièrent d’actions immédiates de la part de chacun d’entre nous.

A ce jour, 94 pays ont rejoint le mouvement; près de 25.000 points de déchets illégaux ont déjà été répertoriés. Un monde sans déchets est possible, à nous de le construire!

Une solution partagée et diffusée sur

Publié dans Innovation, leadership & management, Rencontre inspirante | Tagué , , , , , | 3 commentaires

Manager sur le pourquoi plus que sur le comment, illustration par une belle histoire !

FAVI est l’entreprise picarde leader mondial en fonderie d’alliages cuivreux « qui croit que l’Homme est bon » (> voir article précédent).

Jean-François Zobrist son manager pendant plus de trente ans définit le management de très belle manière : « Le management, ce n’est pas faire, c’est une sorte de laisser-faire, pour faire en sorte que les choses se fassent d’elles-mêmes« . Son management à contre-courant a libéré les énergies et l’innovation dans l’entreprise qui a pu devenir leader mondial dans un secteur hautement concurrentiel et sujet à délocalisation. C’est ainsi un exemple d’entreprise libérée qu’a étudié Isaac Getz dans son ouvrage Liberté & Cie mentionné dans l’article « Salariés libérés, performance assurée »

Sur le site favi.com, on retrouve de nombreuses belles histoires, comme autant de témoignages qui illustrent le mode de management de l’entreprise. L’histoire de Christine, femme de ménage de l’entreprise est exemplaire pour montrer l’enjeu de manager sur le sens, sur le pourquoi, plus que sur le comment. 

En 1985, au début des contacts avec FIAT, un Ingénieur Qualité devait venir auditer l’usine FAVI à Hallencourt en Picardie. Il avait été convenu d’aller le chercher à l’aéroport de Roissy dans l’après-midi, veille de sa visite. Il devait confirmer l’heure d’arrivée de son avion, ce qu’il ne fut pas en mesure de faire. Son avion ayant pris du retard, l’ingénieur appelle à tout hasard l’entreprise vers 20h30, alors que les bureaux étaient désertés. C’est ainsi Christine qui faisait le ménage qui décroche assez naturellement le téléphone.

Pas au fait de cette visite mais comprenant que son interlocuteur était un visiteur de l’entreprise qui attendait qu’on vienne le chercher, Christine fixa rendez-vous à l’aéroport à l’ingénieur italien 1h30 plus tard. Elle pris en charge le problème en prenant les clés d’une voiture de société et fit les 300 km aller/retour pour l’amener à son hôtel.

Le lendemain à 8h30, l’ingénieur du constructeur italien put honorer son rendez-vous. Il raconta alors ce qui lui était arrivé la veille et notamment parla de cette dame qu’il décrivit comme quelqu’un de très sympathique, courtois mais visiblement pas au courant de sa visite ni de l’entreprise qu’il représentait.

Jean-François Zobrist a dû mener sa petit enquête pour savoir qui avait servi de chauffeur à son visiteur, Christine n’avait en effet pas estimé utile d’en faire état ni d’en tirer parti en arrivant. Elle a tout simplement laissé la tâche qu’elle entreprenait pour faire trois heures de route sans rien demander à personne, parce qu’elle estimait que c’est ce qu’il fallait faire. Fruit de cette initiative, l’auditeur a bonifié la notation de FAVI de 10%.

Certains éléments peuvent être surprenants dans beaucoup d’entreprises : les clés et papiers des voitures de société sont librement disponibles pour tout salarié pouvant en avoir besoin. Dans combien d’entreprises, ce que Christine a fait aurait pu être perçu comme un abandon de poste voire utilisation sans autorisation d’un bien de l’entreprise…

L’explication de texte que donne JF Zobrist de cette histoire est une invitation à la cohérence : « La chose a été possible bien sûr grâce aux conditions immatérielles et morales de responsabilisation de chacun mises en place, mais aussi grâce à une condition matérielle aussi simple que la libre disponibilité des véhicules de société. C’est là une des forces de ce système : sa cohérence entre les mesures immatérielles et matérielles. »

> Voir FAVI Chap 20, Christine femme de ménage qui impressionne un client

C’est un des enjeux majeurs du management: la cohérence et la constance dans le respect de valeurs de base. Cette histoire souligne la force d’une entreprise « pourquoi » par rapport à une entreprise « comment ».

Tout manager rêverait d’avoir des collaborateurs développant ainsi leur esprit d’initiative et leurs talents : la bonne nouvelle c’est qu’ils en sont entourés ! Reste à découvrir comment libérer ce potentiel…

Publié dans Innovation, leadership & management | Tagué , , , | Un commentaire

Le collaboratif, oui, mais quand il y a matière à co-opérer !

N’oublions pas que le « collaboratif » n’est pas un fin en soi, c’est une manière exigeante de co-créer avec d’autres dans un exercice complexe, comme de nombreuses problématiques à résoudre, qui obéit à certaines règles…

Pour aller plus loin, voici deux billets de Meryem Le Saget, experte internationale en vision partagée et conduite du changement, publiés dans Entreprise & Carrières :

> Construire la collaboration

> Participation et collaboration

Avatar de Winoc DeleplanqueWinoc Deleplanque

Il est de bon ton de considérer que « coopérer » (action de participer à une oeuvre commune) va de soi. C’est même presque devenu une valeur : un mot qui sonne bien dans les discours mais dont on ignore finalement le contenu, la valeur ajoutée, les règles et les limites.

A force, on finit par nier l’évidence : coopérer est beaucoup plus difficile que de travailler « dans son coin » (même si mon coin est une Direction voire une BU dans un grand groupe). Avant de « participer à une oeuvre commune », mieux vaut s’assurer que ça en vaut la peine et que l’on est armé pour cela : voici quelques éléments qui pourront vous guider dans votre réflexion :

Voir l’article original 166 mots de plus

Publié dans Innovation, leadership & management | Tagué , , , | Laisser un commentaire

danone.communities et ses 10 projets de social business

Danone a ouvert une voie nouvelle dans l’approche du business, en renforçant sa mission d’entreprise : « Apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre » sur la base de joint-ventures innovants, en co-opération avec des acteurs locaux de développement, dans une logique « pas de pertes, pas de dividendes ». C’est le social-business. Nous avons déjà cité l’exemple de l’expérience pionnière mise en place depuis 2007 avec Grameen Danone Foods Ltd: la vente du Shokti Doi, un yaourt fortifié permettant de combler les carences nutritionnelles des enfants au Bangladesh.

A quoi sert l’économie ? Comment est né le premier social business entre Grameen et Danone ? Comment Danone en est arrivé à créer danone.communities pour développer des social business dans différents pays ? Quelques éléments de réponse dans cette courte vidéo Sur les chemins de danone.communities (4’17 ») qui retrace les grandes lignes de cette aventure initiée en 2007…

danone.communities souhaite également être le ferment d’actions de sensibilisation et de mise en mouvement de projets proposant un nouveau réglage entre l’économique et le social… « juste une question que tout le monde peut se poser, pour soi même ou pour l’humanité » comme l’indique Olivier Maurel. C’est ainsi que le Global Communities Meeting Tour propose de rassembler les différents acteurs pionniers du social business pour des partages d’expériences. Nous étions ainsi près de 200 le 15 mai dernier pour une journée de travail à la Maison de la Mutualité à Paris. Pour la table ronde et la conférence le soir, ce sont près de 2.000 personnes qui ont répondu présent, signe de l’envie croissante de créer un nouvel art de vivre ensemble !

La Laiterie du Berger au Sénégal, 1001 Fontaines au Cambodge, El Alberto au Méxique ou encore le programma Malin en France… voici une présentation des 10 projets de social business développés par danone.communities à ce jour (5’19 ») :

Publié dans Social business | Tagué , , , , , , , , , | 3 commentaires

La Grameen Bank doit rester indépendante !

La formidable innovation que représente la Grameen Bank – institution qui a reçu le Prix Nobel de la Paix avec son fondateur Muhammad Yunus en 2006 – court le risque de se faire récupérer par l’actuel gouvernement du Bangladesh. Je vous invite à lire la réaction officielle du Pr Yunus qui partage ses craintes pour l’avenir de la banque avec la Commission d’enquête constituée le 15 mai dernier par le ministère de tutelle.

N’hésitez pas à diffuser ce texte Declaration Pr.Yunus, Mes craintes pour l’avenir de la Grameen Bank qui permet par ailleurs de se replonger dans la formidable aventure de ce projet.

Muhammad Yunus avec quelques étudiants de l’université de Chittagong au démarrage du projet Grameen

D’abord chercher à résoudre un problème… L’expérience pionnière du micro-crédit a démarré dans le village de Jobra près de Chittagong au Bangladesh en 1976 avec un premier prêt de 27 dollars octroyé par Muhammad Yunus alors professeur d’économie dans l’université voisine. Progressivement, c’est devenu le Grameen Bank Project au sein de la banque centrale du Bangladesh pour étendre ce programme de micro-crédit à l’ensemble du district de Tangail. En 1983, le projet est devenu une banque : la Grameen Bank.

Cette banque pour les pauvres a montré qu’il était possible de « faire crédit »octroyer sa confiance dans le sens premier – aux personnes démunies de toute garantie formelle pour leur permettre de développer leur micro-entreprise. Pour passer d’un niveau de subsistance à un niveau de développement, toute entreprise a besoin de capital : c’est la base du micro-crédit.

Ce modèle a fait école partout dans le monde. Progressivement des échanges d’expériences et de bonnes pratiques ont été organisés. C’est dans ce cadre que j’avais participé au Grameen Dialogue Programme à Dhaka en 1993 pour des « réplicateurs » de tous les pays, le projet CONTIGO à Santiago du Chili en ce qui me concerne.  Le micro-crédit est aujourd’hui une réalité dans tous les pays au Nord comme au Sud.

Les 27 dollars des débuts se sont multipliés puisque la Grameen Bank octroie aujourd’hui un milliard et demi de dollars à 8,5 millions de clients avec un taux de remboursement qui reste supérieur à 95%. Le capital de la banque est détenu aujourd’hui à 97% aux clients de la banque, majoritairement des femmes, et la participation de l’État est aujourd’hui réduite à 3% .

La mainmise du gouvernement local sur la Grameen Bank s’avérera catastrophique tant ses pratiques sont éloignées de ce qui a fait son succès. « La propriété, la participation des emprunteurs dans le processus décisionnel, la structure de la direction et la méthodologie ont fait de la Grameen Bank une organisation de classe mondiale. Cette formule gagnante ne peut être sacrifiée d’aucune façon. » nous redit Yunus.

Il y a dix-huit nous nous étions mobilisés au Trocadéro à Paris comme dans d’autres villes dans le monde pour soutenir Yunus et l’indépendance de la Grameen Bank. Faut-il rappeler que Yunus ne possède aucune participation dans la Grameen Bank ni aucune action dans aucune autre entreprise du réseau Grameen, créée pour répondre à un problème spécifique lié à la pauvreté.

Publié dans Social business | Tagué , , | 2 commentaires

SparkNews, susciter l’envie d’agir et de trouver des solutions

Spark, comme susciter en anglais, comme étincelle aussi, ou lueur, germe… c’est finalement tout cela qui est derrière le projet Spark News, le « YouTube des solutions« , lancé officiellement ce soir par son fondateur et ami de longue date, Christian de Boisredon.

Sparknews est une start-up sociale qui cherche à agréger, mettre en valeur et donner vie à des contenus vidéo de solutions au service des journalistes, des acteurs de terrain et du grand public.

Dans le cadre du News World Summit dont l’édition 2012 se déroule à Paris et devant 400 rédacteurs en chefs du monde entier, Sparknews a lancé sa plateforme en ligne qui vise à valoriser l’impact journalism, c’est-à-dire le relais par les médias de solutions existantes face aux enjeux actuels.

Ce projet s’inscrit dans la lignée des précédents projets de Christian : Hope Tour, le tour du monde de trois copains à l’issue de leurs études à la rencontre d’initiatives positives au niveau humain, économique, culturel,… Au retour de cette aventure au printemps 1999,  une envie de transmettre, des conférences qui font le  plein de gens en quête de sens et un livre, best seller traduit en 7 langues…

Parler des initiatives, c’est ce qui donne envie d’agir et pointer ce qui va bien lorsque tout semble aller mal, c’est ce qui a ensuite motivé Christian à la création de l’association Reporters d’Espoirs avec le publicitaire Laurent de Cherisey en 2003 :  « Le monde crève de désespérance et pourtant, il y a partout des hommes et des femmes qui font avancer les choses, y compris là où ça va mal. Ce sont ces gens-là qu’on voulait rencontrer et dont on voulait parler. Les médias parlent des catastrophes mais pas assez des signes positifs sur les lieux des catastrophes. » Ce projet est devenu une agence de presse unique en son genre : au cœur d’un monde difficile, oser parler des solutions qui marchent !

Avoir un impact, partager les solutions, Sparknews valorise la capacité des médias à susciter et à inspirer l’action à travers des reportages porteurs de solutions, comme autant de victoires sur la fatalité par des héros souvent anonymes (3’07 »)

Place aux projets ! Voici un bref aperçu du type de reportages présentés sur SparkNews, avec deux exemples : le projet 1001 fontaines au Cambodge et le Clean-up Day en Estonie :

Clean-up Day est une initiative lancé par Rainer Nõlvak en Estonie et qui a mobilisé sous la bannière Let’s do it 50.000 bénévoles, soit 4% de la population de son pays, le 3 mai 2008 pour nettoyer le pays des déchets sauvages qui polluent son pays : 10.000 tonnes de déchets ramassées en 1 journée pour un coût inférieur à 500.000€ (le gouvernement aurait mis 3 ans et dépensé 22 millions d’euros pour réaliser un même travail). Fort de cette expérience, la question que nous pose sérieusement Rainer Nõlvak : « Comment se débarrasser des 100 millions de tonnes de déchets sauvages qui polluent notre planète ? »

> voir aussi l’article Nettoyer tout le pays en un jour, faisons-le !

Christian produit actuellement une fiction cinéma inspirée de la vie de Muhammad Yunus, père du micro-crédit et Prix Nobel 2006, qui sera réalisée par la Britannique Phillida Lloyd à qui l’on doit le film au succès planétaire « Mamma Mia ! » en 2008 et cette année « La dame de fer », avec Meryl Streep.

Publié dans La beauté sauvera le monde, Rencontre inspirante | Tagué , , , , , , | 6 commentaires